Emprunts toxiques du Sidru : l’addition s’il vous plait!

Le 1er juin 2018 le Sidru a conclu un protocole transactionnel au terme duquel le syndicat intercommunal cesse de poursuivre la banque Natixis au tribunal de grande instance (TGI) de Paris et paye à la banque 26 M€ pour solde de tous comptes.

Nous avons demandé copie de ce document afin de juger sur pièce avant d’informer le public. Ce document nous a été communiqué, mais il est partiellement caviardé, soi-disant pour « protéger le secret en matière commerciale et industrielle« . Les parties caviardées couvrent cependant plusieurs pages. Certaines sont croquignolettes et pas gênantes, comme les avenants successifs qui ont mené le Sidru à payer 10% d’intérêt, un secret de Polichinelle dont ce blog s’est fait l’écho.

Sidru-exemple-de-page-caviardée
Sidru : exemple de page caviardée

Un autre des paragraphes cachés concerne les impayés, mais ils ont été mentionnés à la CASGBS et coïncident avec nos calculs. Donc à priori rien de grave même si le caviardage n’est pas justifié, puisque l’algorithme de calculs d’intérêts n’est pas un secret pour une banque !

Le nouvel engagement du Sidru n’est pas caviardé et le tableau d’amortissement avec tous les montants à payer y figure. Il ne révèle rien de suspect : un taux fixe de 1,20% et un amortissement constant. Le paragraphe qui semble dédié à la perte que Natixis consent à assumer est partiellement caviardé. On ne peut exclure une modalité qui présente un risque pour le Sidru mais c’est peu probable. La confirmation de résiliation stipule clairement que le swap est annulé et montre les mêmes montants à payer par le Sidru pour un total de 26 M€ (hors intérêts).

Passons sur le côté à la fois ridicule et choquant de ce caviardage – à l’image de la communication institutionnelle de la ville de Saint-Germain, qui s’est comportée sur ce dossier comme une petite « Pravda » et a constamment désinformé la population – et revenons sur le fond de cette affaire.

Cette sécurisation, qui venait après la condamnation du Sidru à payer 20 M€ à la banque allemande Depfa, clôt une période de spéculation sur les cours de change qui avait débuté en 2007. Depuis le 1er juin, la dette des 215 000 habitants des 15 communes qui ont adhéré au Sidru (elles sont maintenant adhérentes via leurs deux intercommunalités) n’est plus exposée aux variations des cours de change de l’euro contre une autre devise.

Pour ceux qui n’ont pas suivi ce dossier, le Sidru avait signé en 2007 deux contrats qui liaient le taux d’intérêt de la dette de l’incinérateur (50 M€) aux cours du franc suisse et du dollar étasunien contre euro. Pendant une dizaine d’années, les taux d’intérêt ont été d’abord inférieurs d’environ 3% aux taux fixes antérieurs (deux tranches de 5,10% et 5,92%), puis ont varié jusqu’à dépasser par moment 50%. C’est-à-dire que le syndicat aurait dû rembourser chaque année la moitié du capital restant dû de la dette. Chaque fois qu’il s’est trouvé très perdant, le syndicat a poursuivi la banque devant le TGI. Le premier procès, contre la banque allemande Depfa, s’est achevé par un double échec au TGI et en appel et le Sidru doit payer 20 M€ (voir nos articles 1 et 2 sur ce jugement).

Le deuxième procès contre la banque Natixis n’a pas donné lieu à un jugement car les parties se sont entendues pour partager la perte. Pour solde de tous comptes le Sidru paiera 26 M€, dont 23 M€ répartis sur presque 11 ans, le dernier paiement intervenant en avril 2029.

L’historique du taux d’intérêt que le Sidru s’était engagé à payer en 2007 est le suivant :

Taux-Natixis
Taux de la formule de l’emprunt Natixis

La relation avec Natixis a compté trois périodes :

  • Les bonifications et un taux bas de 2007 à 2010

  • Une hausse brutale du taux à payer, pour la plupart assumée par la banque, de 2011 à 2014

  • Un procès début 2015 et de manière simultanée l’arrêt par le Sidru des paiements à la banque.

L’accord avec la banque Natixis ne met pas seulement fin à une incertitude juridique : elle signe aussi la fin de tout aléa lié aux cours de change. Les montants à payer dans le futur sont élevés mais ils sont indépendants des marchés financiers.

C’est donc le moment de faire le bilan de cette dérive spéculative que, rappelons-le, les élus PS de Saint-Germain ont dénoncée dès qu’ils ont eu connaissance des contrats, quelques mois seulement après leur signature. D’abord Jean Laurent en 2007 et 2008, puis Emmanuel Fruchard et Pascal Levêque de 2008 à 2014, enfin les conseillers municipaux du mandat en cours Pascal Levêque, Angéline Silly et Pierre Camasses ont alerté et informé les élus et le public au fil des événements des 11 dernières années.

Maintenant que le dernier contrat est sécurisé, nous pouvons évaluer avec certitude les flux financiers reçus et payés (ou à payer) de l’ensemble de ces contrats. Ils sont en effet clairement séparés des intérêts de la dette historique (au taux de 5,10% et 5,92%) ainsi que des montants payés pour l’activité « industrielle » du syndicat. Pour chacun des contrats nous faisons ci-dessous la somme de tous les montants payés et reçus. Ce qui ne peut ressortir de cette analyse, ce sont les autres frais. Le syndicat a en effet payé un conseil en finance, puis des avocats pour suivre les assignations au TGI. Nous n’avons pas le détail de ces frais, donc notre analyse sous-estime la perte, de plusieurs centaines de milliers d’euros.

Les montants reçus et payés sont les suivants, par années et par opération financière (« swap ») :

Flux-annuels-après-sécurisation
Montant reçus et payés par le Sidru

Remarques sur deux points de détails :

  • Nous ne sommes pas certains que le Sidru rembourse à Depfa la perte en trois annuités égales de 4 M€ chacune. Le paiement pourrait être réparti différemment, sans modification du montant total.

  • Nous ne sommes pas certains non plus que Natixis ait continué ses paiements au titre du swap n°2, qui était de 2015 à 2018 favorable au Sidru. Il est possible que la banque ait interrompu ces paiements lorsque le Sidru a cessé de payer les intérêts dus au titre du swap n°1 + 3 (le swap présenté ici comme n°3 est en fait un avenant au swap n°1).

Ces deux remarques ne remettent pas en cause l’économie générale de ces opérations : aux bonifications ont succédé des pertes qui n’ont pas été payées par le syndicat, d’où deux procès. La phase qui s’ouvre maintenant est celle du paiement des pertes accumulées en impayés depuis 2011.

Globalement ces trois périodes ont eu les flux nets suivants :

  • Phase 1 de 2003 à 2010, bonifications : recette de 7 M€, principalement constitués de ce que les partisans de la « gestion active » de la dette appelaient « bonifications ». En fait il s’agissait des primes d’options de taux puis de change vendues par les banques et dont une partie était versée au Sidru, qui assumait par la suite l’intégralité du risque des options.

  • Phase 2 de 2011 à 2017, perte puis procès : paiement de 1 M€. Les formules ont été graduellement perdantes, puis fortement en 2011. La crise financière n’était pas seule en cause dans cette perte, mais elle l’a accélérée et accentuée. Nous avions dans ce blog alerté en octobre 2007 en ces termes : « Il y a donc plus d’une chance sur deux pour que le taux à payer en fin d’emprunt soit de l’ordre de 36% ». Ce taux a été atteint en 2011 au lieu de 2029. Les paiements par le Sidru ont été limités pendant cette phase pour deux raisons. D’une part Natixis a accepté de 2011 à 2014 de payer la partie du taux supérieur à 10% et surtout, dès que le taux est monté le syndicat a assigné la banque et a cessé de payer.

  • Phase 3 de 2018 à 2029, paiement des pertes : paiement de 47 M€.

Cet article peut avec raison sembler technique et éloigné de la vie quotidienne. Ce dossier n’en est pas moins important pour les Saint-Germanois et les habitants des autres communes du Syndicat. Cette dette a accaparé toute l’attention des élus depuis 10 ans avec plusieurs conséquences négatives :

  • Tout d’abord, bien évidemment, la somme à payer par les contribuables locaux : 47 M€ divisés par 215 000 habitants, cela représente 218 € par personne, bébés inclus ! La perte est voisine du coût de fabrication de l’incinérateur : les contribuables l’auront, en 2029, presque payé deux fois.

  • Le Sidru a prêté peu d’attention à son efficacité énergétique. Son incinérateur ne valorise pas la chaleur qui sort de l’alternateur (qui produit, plutôt bien, de l’électricité). Cette chaleur est intégralement rejetée dans l’atmosphère, contrairement à ce que font les deux autres incinérateurs des Yvelines, qui utilisent cette chaleur pour chauffer des bâtiments publics et d’habitation. Pour plus d’informations, voir notre comparatif des trois incinérateurs.

  • Enfin, ce dossier a contribué aux relations tendues et suspicieuses entre communes de l’intercommunalité CASGBS, dans laquelle les villes qui n’avaient pas rejoint le Sidru se sont appliquées à surtout ne rien payer pour Saint-Germain et les communes voisines.

Espérons que cette longue et lamentable parenthèse enfin close, la qualité et le prix du service de traitement des ordures ménagères va enfin pouvoir s’améliorer dans nos villes, au moins après 2019 lorsque nous aurons fini de payer !

A lire également sur notre blog :

Tous nos articles depuis 2007 sur les emprunts toxiques du Sidru

Des élections municipales partielles à Mareil-Marly les 23 et 30 septembre

mareil-marly_mairieEn raison d’une grave crise au sein du conseil municipal de Mareil-Marly, des élections municipales se tiendront le 23 septembre prochain, et si besoin le 30 septembre.

La maire DVD Brigitte Morvan a été mise en minorité par sa propre majorité à deux reprises au printemps sur le vote du budget. Face au blocage de la vie municipale et le refus de démissionner de Brigitte Morvan, une grande partie de la majorité municipale a démissionné fin juin, provoquant des élections partielles fin septembre.

projetcommunenouvelleCette grave crise municipale risque d’avoir des conséquences importantes sur le projet de commune nouvelle entre Saint-Germain-en-Laye, Fourqueux, Mareil-Marly et L’Etang la ville et est suivie de près par les élus des autres communes. L’élection d’une majorité hostile au projet de commune nouvelle entraînerait bien sûr le retrait de Mareil-Marly mais également celui de l’Etang la ville en raison de l’absence de continuité territoriale.

La commune est coutumière des crises municipales, comme en 2012. En 2014, le maire sortant Jean-Bernard Bisson (DVD) avait été sèchement battu par la liste DVD de Mme Morvan.

Incinérateurs des Yvelines : peuvent mieux faire !

Le comparatif des performances énergétiques des trois incinérateurs des Yvelines montre des points positifs mais également des possibilités d’améliorations importantes. Zoom sur la production d’électricité et de chaleur.

Ce blog a depuis 10 ans alerté sur les emprunts toxiques du Sidru, un sujet qui était encore d’actualité en juin dernier avec l’accord qui met fin au dernier procès entre le Sidru  et une de ses banques (Natixis).

Mais n’oublions pas que les syndicats intercommunaux sont surtout impliqués dans des activités de tri et d’incinération des ordures ménagères. Les trois syndicats du nord-est des Yvelines utilisent chacun un incinérateur dont la gestion est déléguée à des entreprises privées spécialisées dans cette activité.

En effet les déchets qui ne sont pas recyclés sont incinérés et cette combustion permet de valoriser des matières et surtout de l’énergie sous forme de chaleur, dont une partie est convertie électricité. Cependant, malgré les présentations favorables des collectivités concernées (syndicats intercommunaux, intercommunalités et communes), un calcul rapide montre que l’énergie de combustion est pour la plupart renvoyée dans l’atmosphère sans utilisation. L’usage principal des incinérateurs reste encore la destruction des déchets plutôt que la production d’énergie.

Ce comparatif concerne les trois incinérateurs principaux des Yvelines, qui desservent tout le centre et le nord-est du département :

Carte-syndicatsCommençons par les grandes masses : chaque incinérateur reçoit entre 110 000 et 170 000 tonnes de déchets par an, dont on connaît l’énergie, voisine de 2,5 MWh par tonne. De même, on connaît les énergies électrique et thermique commercialisées par chaque incinérateur. Un indicateur simple d’efficacité est le ratio des deux : ce qui sort de l’incinérateur divisé par ce qui y rentre. Ce ratio est très homogène entre les trois incinérateurs, entre 14% et 15%. Cela signifie que 85% au moins de l’énergie de combustion est renvoyée dans l’atmosphère. Ces ratios tranchent avec la communication autosatisfaite des trois syndicats.

Cependant, le ratio ci-dessus additionne deux énergies différentes : l’électricité et la chaleur. Or 1 MWh d’énergie électrique permet de produire environ 3 MWh de chauffage avec une pompe à chaleur, et inversement on ne peut convertir en électricité qu’une partie de la chaleur. Par exemple les (vieilles) centrales nucléaires ne convertissent que 30% de leur chaleur en électricité, tandis que les centrales au gaz les plus modernes atteignent un rendement de 60%. L’autre avantage de l’électricité, c’est que la production est facile à transporter et donc intégralement commercialisée, 24 h sur 24 et toute l’année.

Vente d’électricité par les incinérateurs

L’objectif d’un incinérateur doit donc être de produire et de vendre un maximum d’électricité. De ce point de vue, les trois incinérateurs présentent les performances représentées dans la colonne de gauche du tableau ci-dessous, en indiquant en vert la commercialisation effectuée et 2015 et en rose le complément pour atteindre un rendement de 30%.

Aucun des trois incinérateurs n’approche l’objectif et les écarts sont très nets entre le SIDRU, qui atteint la moitié du rendement idéal et le SITRU, qui vend à peine plus de 10% de celui-ci. Le SIDOMPE n’a vendu que 17% de son potentiel en 2015, mais 23% dans une année normale, sans le sinistre qui s’y est produit en février 2015.

En sortie de l’alternateur on dispose de vapeur d’eau à faible pression, qui peut être utilisée pour le chauffage d’installations publiques ou privées.

Chaleur+Elec_3-incinerateurs

Vente de chaleur par les incinérateurs

Même avec une installation performante, la plus grosse partie de l’énergie ne peut être valorisée que sous forme de chaleur. La création d’un réseau de chaleur demande un investissement initial et ensuite le coût du chauffage est très attractif : 20 € environ le MWh, contre 75 € pour le chauffage au fioul, et les 20 €/MWh payés par les consommateurs sont reçus par les contribuables !

Cette chaleur « gratuite » est cependant produite de manière locale et continue tous les jours de l’année. Elle est difficile à vendre dans son intégralité car beaucoup de segments de demandes sont saisonniers, comme le chauffage des bâtiments. Les besoins sont plus stables pour l’eau chaude sanitaire, les piscines, les hôpitaux, les entreprises consommatrices de chaleur ou l’agriculture sous serre.

Comme pour l’électricité, les quantités de chaleur vendues en 2015 par les trois incinérateurs, avec une échelle qui reflète le potentiel commercialisable, sont indiquées dans la colonne de droite du tableau ci-dessus.

Cette fois, le SIDRU est en retrait : il n’a pas de réseau de chaleur et ne commercialise donc aucune énergie sous cette forme.

Le SITRU et le SIDOMPE commercialisent entre 10% et 50% de leur potentiel selon les mois de l’année. Pour le SIDOMPE il convient de regarder l’année 2014, plus représentative des ventes de chaleur, là encore à cause du sinistre de février 2015 qui a entrainé un arrêt de la vente de chaleur jusqu’en mai 2015.

Certaines villes, comme Paris, établissent une connexion entre le réseau de chaleur de l’incinérateur et celui d’une autre source (gaz, bois) afin d’utiliser la chaleur de l’incinération toute l’année et de la compléter seulement en hiver par une autre énergie.

Des projets en cours… et d’autres dans les limbes

Concernant la production d’électricité, le SIDOMPE a indiqué en février 2017 avoir un « projet d’optimisation énergétique [qui] consiste à conserver la ligne n°3, à remplacer les lignes n°1 et n°2 par une ligne neuve n°4 et à remplacer le GTA (groupe turbo alternateur) de 7 MW par un plus puissant de 17 MW ». Actuellement le SIDOMPE produit de l’électricité sur la ligne 3 et seulement de la chaleur sur les lignes 1 et 2, les plus anciennes (1987). En multipliant par 2,5 la production d’électricité, nous estimons le rendement à environ 80% du modèle idéal : une belle performance en perspective.

Le SITRU a étudié en 2015 des améliorations qui pourraient lui permettre de multiplier par 3 ou 4 ses ventes d’électricité, donc de se hisser à peu près au niveau du SIDRU. Cependant ce projet, qui a été jusqu’à l’appel d’offres, « a été mis en pause » au profit de l’extension du réseau de chaleur. C’est dommage car la marge de progression de ce syndicat est forte pour l’électricité.

Des projets concernent également une augmentation de la valorisation de la chaleur. Le SITRU a prévu d’étendre son réseau de distribution, avec au maximum un doublement des débouchés, ce qui constituerait une bonne performance pour les mois d’hiver.

Quant au SIDRU, un projet de création d’un réseau de chaleur avait été annoncé par le président à un groupe d’élus en septembre 2014. A-t-il été trop occupé par ses emprunts toxiques ? En tout cas aucune suite n’y a été donnée à ce jour.

Chacun de ces trois syndicats rejette dans l’atmosphère de l’énergie pour un montant de 4,8 M€ à 7 M€ par an. Même si cela demande des efforts et des investissements, l’analyse aussi bien financière qu’environnementale nous incite à soutenir les initiatives en cours et à inviter les élus à relancer les pistes en sommeil, en particulier pour la vente d’électricité au SITRU et de chaleur au SIDRU.

Cet article n’est qu’une introduction à ce dossier ; pour plus d’informations, le comparatif complet est disponible à ce lien : www.es25.fr/incinerateurs/

Emmanuel Fruchard,

Conseiller municipal PS de Saint-Germain-en-Laye de 2008 à 2014

 

Commune nouvelle de Saint-Germain-en-Laye, Mareil-Marly, Fourqueux et l’Etang la Ville : la nécessité de la concertation

Tribune libre des élus de gauche de Saint-Germain-en-Laye parue dans le Journal de Saint-Germain du 23 mars

projetcommunenouvelleSelon l’Ipsos, 54 % des Français estiment qu’il n’y a pas assez de dispositifs de concertation dans leur commune et 72 % des citoyens souhaitent participer davantage aux décisions politiques. Comment répondre alors à cette demande et à ce manque de communication et de médiation ? Comment aller au-delà du seul journal de la ville, des conseils de quartiers ou du conseil des sages ? (A Saint-Germain les anciens élus).

Justement, les élus s’interrogent actuellement sur la constitution d’une commune nouvelle avec les villes de Saint-Germain-en-Laye, Mareil-Marly, Fourqueux et l’Etang la Ville. Comment ne pas en faire seulement un sujet d’élus et d’experts ? Comment associer les habitants à la prise de décision? Par référendum ? Oui, c’est une solution, mais répondre par oui ou non est-ce une véritable participation, qui de toute façon ne se positionne qu’à la fin du projet pour valider une approbation? Comment faire mieux ?

Trop souvent, la démocratie participative s’est longtemps réduite à demander aux habitants d’apporter des solutions d’experts à des problématiques de leur quotidien. Pour qu’un sentiment d’appropriation du territoire renaisse, il faut que les habitants participent à nouveau au processus de décision des projets. Alors pourquoi ne pas développer une application permettant de rétablir le dialogue entre citoyens et élus? Chacun d’entre eux s’exprimerait par exemple sur le projet de fusion : leur compréhension de la problématique, les attentes, les points sensibles. En deux mots : une co-construction et une co-validation.

Plus qu’un journal municipal ou des tirages à part de communication, plus participatif que de simples réunions d’informations, un outil numérique particulièrement développé serait médiateur entre des élus et des citoyens trop longtemps déconnectés. La décision maintenant est dans les mains du maire.

Les élus de gauche de Saint-Germain-en-Laye : Pascal Lévêque, Angéline Silly, Pierre Camasses

Une étude pour analyser une éventuelle fusion de Saint-Germain-en-Laye, Fourqueux, Mareil Marly et L’Etang la Ville

Dans cette même colonne, nous évoquions récemment le navrant manque d’ambition du projet de territoire élaboré par la Communauté d’Agglomération Saint-Germain Boucles de Seine, sans consultation des administrés de ses 20 communes membres.

communenouvelleDans la foulée de cette adoption de projet intercommunal, les maires de Saint Germain-en-Laye, Fourqueux, Mareil Marly et L’Etang la Ville, ont annoncé réfléchir à une fusion de leurs communes et leur intention d’engager une étude de faisabilité de cette fusion (principe adopté en décembre par les 4 conseils municipaux).

Cette étude prendra la forme d’une consultation associant à la fois les 124 élus municipaux et d’autre part l’ensemble des 50.000 habitants du territoire.

Tout l’enjeu des travaux sera de déterminer, si oui ou non, ce regroupement permettrait de créer un ensemble urbain cohérent, de renforcer l’offre d’équipements collectifs (scolaires, culturels, sportifs, administratifs) et de services à la population, de dynamiser le territoire ou d’en accroître l’attractivité. Il devra également évaluer les conséquences sur la fiscalité locale, sur la construction de logements, sur la représentation démocratique, sur la place des politiques de préservation environnementale à y mener (protection des forêts et de la biodiversité).

Autant de questions essentielles nécessitant des réponses claires et partagées. Nous serons, à cet égard, extrêmement vigilants, tant sur la transparence que sur l’implication des populations concernées. Au-delà de cette étude de préfiguration, seule une concertation de qualité et l’organisation d’un vrai débat public garantiront la soutenabilité de ce projet. Nous y veillerons.

Les élus de gauche, Pascal Lévêque, Angéline Silly, Pierre Camasses

Retrouvez nos articles sur le blog http://pssaintgermain.fr.

Ou sur les réseaux sociaux : https://twitter.com/PsSaintGermain

Quel projet de territoire pour notre agglomération ?

SaintgermainbouclesseineLa Communauté d’agglomération, 20 villes dont Saint-Germain, vient de voter son projet de territoire. Ce document a pour objectif de répondre aux principaux enjeux économiques, démographiques et environnementaux.

A la base de ce projet de territoire : un diagnostic réalisé par un cercle restreint, composé d’élus et de services des villes, sans consultation des habitants.

Ce diagnostic est très décevant. On a très peu mobilisé l’Insee qui est pourtant une référence, très accessible, en matière de captation de données. Aucune prospective, ne serait-ce qu’à 5 ans, n’a été proposée. Sur le plan démographique par exemple, quels sont les enjeux de notre territoire ?

Priorité numéro 1 de ce projet de territoire, « l’attractivité économique », est un descriptif d’actions très généralistes au profit des entreprises qui pourraient s’appliquer à tout territoire métropolitain, sans aucune vision en matière d’emploi.

L’axe « mobilité » se situe dans le respect des compétences de la communauté. Cet axe est déclinable en actions autour de nos pôles gares, nos dessertes bus, l’accessibilité, le développement des usages des modes doux et alternatifs. Enfin les deux axes suivants, aménagement et tourisme, ne ciblent pas prioritairement les habitants de nos communes.

Ce projet reflète l’état d’esprit qui anime la communauté d’agglomération. Une construction à la « Thatcher », « I want my money back », destinée avant tout à récupérer des fonds pour sa propre commune (les fameuses attributions de compensation), le financement des biens communautaires passant après. Difficile dans ces conditions et dans un tel état d’esprit de construire un projet de territoire commun et ambitieux. Il est, à ce stade, forcément fondé sur le plus petit dénominateur commun.

Nous vous souhaitons, ainsi qu’à vos proches, de très belles fêtes de fin d’année.

Les élus de gauche : Pascal Lévêque, Angéline Silly, Pierre Camasses

Pascal Lévêque (PS) élu conseiller de la Communauté d’agglomération Saint-Germain Boucles de Seine

SaintgermainbouclesseineJeudi dernier le conseil municipal de Saint-Germain-en-Laye a procédé à l’élection d’un conseiller communautaire en raison d’un siège vacant. Suite au décès d’Emmanuel Lamy au printemps, le nouveau maire de Saint Germain Arnaud Péricard a succédé à Emmanuel Lamy au sein de l’assemblée de l’intercommunalité Seine et Forêts. Arnaud Péricard étant déjà élu de l’intercommunalité, il y avait donc un siège vacant sur les 10 délégués pour notre ville.
A la demande d’Arnaud Péricard, le groupe majoritaire n’a pas proposé de candidat face à la candidature de Pascal Lévêque (conseiller municipal PS de Saint-Germain-en-Laye), ce que nous saluons. Depuis son élection, Arnaud Péricard considère que les oppositions doivent aussi être représentées dans les différentes instances. 8 délégués sur 10 étant de la majorité et un siège pour la liste divers droite, la gauche était tout aussi légitime pour être représentée.
photocasf3Pascal Lévêque, 59 ans, est élu depuis 2008 au conseil municipal de Saint-Germain-en-Laye et était la tête de liste de la gauche aux élections municipales de 2008 et 2014. Il a également été conseiller communautaire de 2014 à début 2016 lors de la constitution de première fusion avec 10 communes, un regroupement alors appelé Saint Germain Seine et Forêts.  En décembre 2015, les élus de droite saint-germanois s’étaient alliés pour empêcher son élection dans la nouvelle intercommunalité.
Lors de son intervention durant le conseil municipal, Pascal Lévêque a déclaré « j’apporterai ma contribution, ma vision, ma sensibilité à la construction délicate de ce rassemblement de nos 20 communes. Nous pourrons avoir les mêmes analyses mais aussi des points de vue complémentaires. Toutefois comme le dit Antoine de Saint Exupery, nos différences loin de nous léser doivent nous enrichir« .
A lire également sur notre blog :

Tribune libre des élus PS saint-germanois du 1er septembre 2017

Tribune libre parue dans le Journal de Saint-Germain du 1er septembre 2017

ecole_alsace_r__duit-1Ecole : retour vers le passé !

Cette rentrée est marquée par la décision précipitée début juillet de la municipalité de revenir à la semaine de 4 jours pour les 3 600 enfants des maternelles et élémentaires de Saint-Germain, comme 29 % des écoliers en France et 32 % des communes.

Nous ne prétendons pas avoir un avis éclairé sur tout ni être spécialistes de l’éducation. Il n’en reste pas moins qu’il est légitime de se poser des questions. Peut-on prendre ce genre de décision à 10 jours des vacances scolaires ? Comment intégrer les réserves faites par les deux fédérations de parents d’élèves estimant que la concertation a été faite au pas de charge ? Certes, pour les maternelles des adaptations auraient été nécessaires, mais fallait-il alors revenir en arrière en laissant sur le carreau la trentaine d’animateurs vacataires recrutés pour les activités de 15h à 16h30 ?

La semaine de 4 jours, c’est avant tout l’intérêt des adultes : enseignants qui à 75 %, selon un syndicat, préfèrent ne pas faire classe le mercredi matin et parents qui veulent des grands week-ends. La semaine de 4,5 jours reste défendue par les chrono-biologistes et un rapport du Sénat, qui mettent en avant un meilleur apprentissage. La France est le pays d’Europe où les enfants ont le moins de jours d’école. Comptez avec nous : 36 semaines x 4 = 144 jours par an. Soit presque 40 jours de moins que la moyenne européenne, la semaine la plus déséquilibrée, 2 mois de vacances d’été et un calendrier de zonage réalisé avant tout au profit du tourisme. Ce n’est pas la semaine qui est à revoir mais le calendrier scolaire annuel !

En attendant, c’est le 3ème changement des rythmes en 9 ans pour les écoles mais aussi pour toutes les organisations familiales, associatives et municipales qui les accompagnent !

Retrouvez nos articles sur le bloghttp://pssaintgermain.fr, 

https://twitter.com/PsSaintGermain ou https://www.facebook.com/pssaintgermain 

Les élus de gauche: Pascal Lévêque, Angéline Silly, Pierre Camasses

Nouveau maire mais toujours des chantiers importants

Lors du conseil municipal extraordinaire du 7 juin dernier, après avoir rendu hommage à Emmanuel Lamy, notre groupe a rappelé qu’il appartenait, dans ces circonstances, au groupe majoritaire de ce conseil de proposer la succession au sein de ses membres. C’est pourquoi nous n’avons pas proposé de candidature. Nous continuerons notre travail sur les dossiers qui seront proposés dans cette instance, avec la même liberté, sans opposition systématique, avec nos valeurs et la perception que nous avons des attentes des Saint-Germanois.

Avec notre sensibilité progressiste et humaniste , nous continuerons de participer, comme nous l’avons fait jusqu’à présent parfois à des majorités de projet au profit du développement de notre ville. Comme nous continuerons aussi un travail de proposition, actif et constructif mais aussi vigilant et exigeant. Bon courage au nouveau maire Arnaud Péricard.

Les chantiers importants sont nombreux, l’évolution de notre Plan Local d’Urbanisme , c’est le visage de Saint-Germain pour les 15 années à venir, le développement de notre intercommunalité notamment sur la problématique de la mobilité sur le territoire de Saint-Germain Boucles de Seine. Mais aussi le développement de l’éco-quartier Pereire, l’aménagement du quartier de l’hôpital , le soutien à l’activité économique et particulièrement du commerce de proximité, une gestion budgétaire et fiscale équitable…Autant d’enjeux jusqu’au prochain rendez-vous avec les électeurs en mars 2020 !

Nous terminerons par un vœu : que le conseil municipal et la suite de ses travaux se déroule dans le respect et la dignité que réclame ce mandat si exigeant de conseiller municipal dans notre belle ville de Saint-Germain-en-Laye.

Retrouvez nos articles sur le blog http://pssaintgermain.fr.

Sur les réseaux sociaux : https://twitter.com/PsSaintGermain ou https://www.facebook.com/pssaintgermain

Les élus de gauche : Pascal Lévêque, Angéline Silly, Pierre Camasses

Décès d’Emmanuel Lamy : la réaction de Pascal Lévêque, conseiller municipal PS de Saint-Germain-en-Laye

Très grande tristesse face à la disparition d’Emmanuel Lamy, maire de Saint Germain en Laye. Depuis dix ans, conseiller municipal d’opposition, je rends hommage à l’homme droit, sincère, réservé et surtout acteur passionné de sa ville.

Sur le fond de certains dossiers nous étions parfois en désaccord mais toujours chacun exposait son point de vue dans le respect de l’autre. Mes pensées émues à son épouse et ses enfants.

Pascal Lévêque
Conseiller municipal de Saint Germain
Président du groupe des élus de gauche