Réforme de la carte judiciaire : le tribunal de Saint-Germain ne fermera pas

Des rumeurs persistantes depuis plusieurs semaines faisaient état d’une possible menace sur les tribunaux yvelinois dans le cadre de la réforme de la carte judiciaire.
Un des cinq tribunaux d’instance yvelinois (Poissy, Saint-Germain-en-Laye, Versailles, Rambouillet, Mantes-la-Jolie) était-il menacé de fermeture ? Comme partout en France, l’absence de communication et de concertation de la Chancellerie a alimenté les inquiétudes. Etait ainsi évoquée une fusion entre les tribunaux de Saint-Germain et Versailles d’un côté et de Poissy et Mantes-la-Jolie de l’autre, ce qui aurait posé assurément de graves problèmes de locaux.
Le tribunal d’Instance de Saint-Germain est un des plus gros de la région (2832 affaires jugées au civil en 2005 – hors référé – et 2144 décisions rendus au pénal, avec 5 magistrats et 4 juges de proximité). A titre de comparaison, celui de Mantes a jugé 1460 affaires au civil et 584 au pénal et il y a deux magistrats et un juge de proximité (source Le Courrier des Yvelines du 17 octobre).
L’annonce hier de la suppression de 13 tribunaux d’instance sur 76 dans l’Ile-de-France (voir la carte des fermetures) a suscité une violente réaction du personnel judiciaire et une grève, qui promet d’être très suivie, est annoncée pour le 29 novembre, un événement rarissime pour la profession.
En ce qui concerne les Yvelines, aucune fermeture ou fusion n’est annoncée, « les cinq tribunaux d’instance sont maintenus« . L’activité conséquente des tribunaux d’instance yvelinois, et celui de Saint-Germain-en-Laye en particulier, leur a permis d’échapper à la fermeture. Ce n’est pas le cas en Seine-et-Marne où trois tribunaux d’instance vont fermer…
Cette réforme de la carte judiciaire, sans doute nécessaire puisque cette carte n’a pas évolué depuis 50 ans, est malheureusement menée sans aucune concertation (la Ministre de la Justice y a gagné le surnom de « Dati : le contrat de défiance« ..) par le gouvernement et il apparait de plus en plus qu’il s’agit simplement de « faire des économies » en fermant les plus petits tribunaux d’instance et tribunaux de grande instance. A terme, près de 200 TI et 20 TGI devraient fermer en France.

Plus de détails :
La carte des tribunaux en Ile de France et ceux qui vont fermer Le discours de la Garde des Sceaux
Photo : Le tribunal d’Instance de Saint-Germain  

Le SMERGC, un syndicat intercommunal peu actif

Lors du conseil municipal du 4 octobre étaient examinés, entre autres, les rapports de plusieurs syndicats intercommunaux auxquels Saint-Germain appartient. Nous avons déjà évoqué sur notre blog le SIDRU, qui gère nos déchets, et le SIDECOM, qui gère le réseau cablé.
Un troisième rapport d’activité d’un syndicat intercommunal mérite que l’on s’y arrête, celui du SMERGC, le Syndicat Mixte d’Etudes pour la Réouverture de la Grande Ceinture. Le SMERGC est actuellement constitué de 17 communes et du conseil général des Yvelines, la plupart situées sur le trajet ou à proximité de l’ancienne ligne de Grande Ceinture, et existe depuis 1989. Il est actuellement présidé par Jean-Yves Bouhourd, maire de l’Etang-la-Ville.
 
Ces statuts sont ainsi rédigés, depuis 2002 :
« 1° la ligne de Grande Ceinture Ouest
Le Syndicat a pour objet de promouvoir et d’accélérer la réouverture au trafic voyageurs de la ligne SNCF Grande Ceinture Ouest dans l’ensemble du Département des Yvelines. Il procède, à cet effet, à toutes les études techniques qui lui paraissent nécessaires […].
2° La Tangentielle Ouest-Sud
Le Syndicat a également pour objet de participer au projet de réouverture de la Tangentielle Ouest-Sud, tant au trafic voyageurs qu’au trafic fret, dans le Département des Yvelines. […] »

Des objectifs fort louables que nous soutenons fortement, mais il y a parfois loin des intentions a la réalité… Selon le rapport présenté en conseil municipal, le Bureau du Syndicat « ne s’est pas réuni en 2006« . Le Conseil syndical quant à lui s’est certes réuni trois fois en 2006 mais deux de ces réunions ont été uniquement consacrées aux questions budgétaires. 

Pourtant les élus sont d’accord pour écrire que la réouverture fin 2004 du seul tronçon Saint-Germain Grande Ceinture – Noisy le Roi « est un non-sens économique« . Mais le rapport souligne aussi que « l’année 2006 n’a guère apporté de nouveautés par rapport à 2005 »… Alors pourquoi n’y a-t-il pas une mobilisation plus importante pour cette ligne ferroviaire Achères-Versailles, indispensable aux liaisons banlieue-banlieue ? Pourquoi aucune action médiatique ou d’appel à la population pour se mobiliser, contrairement à d’autres endroits ?  Pourquoi, alors que la Région Ile de France a réduit le nombre de zones de carte orange de 8 à 6 il y a quelques mois, y a-t-il toujours deux zones différentes de carte orange (zones 4 et 5) pour aller de Saint-Germain à Saint Nom la Breteche ou Noisy le Roi ? Le rapport d’activités ne mentionne aucune action du SMERGC en ce sens.
Les élus de droite de notre region semblent hélas bien plus motivés par le prolongement de l’Autoroute A104 que par la Tangentielle Ouest
Comme chaque année, le rapport s’enorgueillit en indiquant que « le SMERGC n’a pas appelé de cotisation auprès de ses communes membres ainsi qu’auprès du conseil général en 2005 et 2006. » Nous préférerions un syndicat intercommunal qui coûte un peu aux finances communales mais qui soit beaucoup plus actif et efficace. Car notre région a un besoin vital d’une alternative ferroviaire à la meurtrière Nationale 184.

Canton de Saint-Germain nord : le Parti socialiste investit Emmanuel Fruchard

Réunis le 23 octobre 2007, les Socialistes de Saint-Germain-en-Laye et d’Achères ont investi Emmanuel Fruchard, 44 ans, et sa suppléante Cécile Clermont,  comme candidats sur le canton de Saint-Germain nord  les 9 et 16 mars 2008.
Le canton de Saint-Germain nord comprend la ville d’Achères et la partie nord de Saint-Germain. Un canton particulièrement hétérogène, hérité du découpage sur mesure pour la  droite de Charles Pasqua en 1986.
Emmanuel Fruchard habite Saint-Germain et y milite au Parti socialiste depuis 1999. Il est ingénieur financier, ancien cadre dirigeant dans l’édition de logiciels de salle de marchés et travaille actuellement à un projet de création d’entreprise. Il est par ailleurs l’ancien président de la Ligue contre la Violence Routière des Yvelines et est très impliqué dans la vie locale et associative.
Les grandes priorités de sa campagne seront le développement des transports en commun dans les Yvelines, avec en premier lieu la réouverture de la Tangentielle Ouest (Cergy-Versailles) et l’opposition résolue au prolongement de l’A104, le développement d’une réelle politique sociale dans le département car la majorité de droite fait actuellement le minimum en ce domaine, et le soutien à une culture plus proche des besoins de la population.

Le Courrier des Yvelines (17 octobre 2007) : Saint-Germain : deux challengers face à E. Lamy

Téléchargez cet article du Courrier des Yvelines au format pdf (5Mo)


Emmanuel Lamy, Arnaud Péricard, Pascal Lévêque, ce seront sans doute les trois candidats principaux pour les élections municipales de Saint-Germain-en-Laye en mars 2008. Le point, à cinq mois des échéances.

Comme en 2001, la droite partira divisée à Saint-Germain-en-Laye. Après Xavier Lebray (UMP) lors des municipales précédentes, c’est au tour d’Arnaud Péricard (UMP) de se mesurer au maire sortant, Emmanuel Lamy (UMP). Un maire, qui pour l’instant, n’a pas officialisé sa candidature, mais celle-ci ne fait pas l’ombre d’un doute. Il ne s’agit plus que d’une question de temps et de stratégie. Et donc, comme à l’époque du RPR, l’UMP a bien du mal à faire l’union. « Le Journal du dimanche » ne titrait-il pas encore récemment « La guerre des droites à Saint-Germain-en-Laye ».

Duel à droite

Malgré cette dissension, l’issue du résultat ne fait pas de mystère. La Ville restera à l’UMP. Mais le duel se révèle assez piquant. Arnaud Péricard est le fils de Michel Péricard, député-maire de Saint-Germain-en-Laye pendant plus de vingt ans, de 1977 à son décès, en 1999. Emmanuel Lamy fut conseiller municipal sur la liste de Michel Péricard, puis son adjoint, et travailla en si étroite collaboration avec lui qu’il fut désigné comme son héritier pour la mairie.
Or, comble du retournement de situation, voilà que le courant ne passe plus depuis quelques années entre Emmanuel Lamy et la famille Péricard, notamment Catherine Péricard, pourtant conseillère générale UMP. Incompréhensions, rivalités, petites phrases… on en arrive à la situation ubuesque d’aujourd’hui.
Et dans ce duel, Emmanuel Lamy vient sans doute de marquer un point décisif sur son adversaire. Un point décisif ? Seul l’avenir le dira. Mais en tout cas, il devrait recevoir l’investiture très officielle des instances nationales de l’UMP dans le courant du mois de novembre. Un « encartage » important, on le sait, dans une ville très légitimiste. Déjà, Pierre Bédier, ténor départemental du parti, a été très clair. Ensemble pour les Yvelines (EPY), le regroupement départemental des listes UMP, dont il est président, a ainsi appelé au soutien d’Emmanuel Lamy. « Rien ne justifie de ne pas faire l’unité derrière le maire de Saint-Germain-en-Laye », précisait le président du conseil général la semaine passée dans nos colonnes. Pierre Bédier a d’ailleurs demandé – et obtenu – de Catherine Péricard qu’elle ne soutienne pas publiquement son fils. Faute de quoi, son investiture à elle pour les cantonales de 2010 serait rediscutée.
Si Emmanuel Lamy peut se féliciter de cette distribution des cartes, Arnaud Péricard est déçu: il aurait aimé que le premier tour serve de primaires à l’UMP. Mais il ne se décourage pas pour autant. « C’est dommage. On est malheureusement dans une logique de reconduction des maires sortants. Mais les temps ont changé. L’UMP aurait pu faire à Saint-Germain-en-Laye ce qu’il entend faire au Vésinet. » Dans cette ville où quatre candidats issus de l’UMP comptent s’affronter, l’EPY a en effet décidé de ne donner aucune investiture. Quoi qu’il en soit, Arnaud Péricard ira jusqu’au bout. « Certes, on peut faire partie d’une même famille politique, mais on peut avoir une vision politique différente », explique cet avocat de 36 ans, qui répète comme un leitmotiv vouloir « réveiller la belle endormie », à savoir Saint-Germain-en-Laye. Emmanuel Lamy s’appuiera, lui, sur un bilan dont il n’a pas à rougir, et se dit « très serein ».

Stratégie

Dans leur stratégie, chacun essaye de constituer une liste d’ouverture vers le centre. Emmanuel Lamy en continuant son travail avec Roselle Cros, sa première adjointe, ex-UDF, qui devrait dans les jours qui viennent de décider de rejoindre le Nouveau Centre sarkozyste… ou le Modem bayrouiste.
Quant à Arnaud Péricard, il pourrait s’adjoindre les services de Stéphane Larcher, candidat Modem lors des dernières législatives sur la circonscription, même si ce dernier, interrogé, assure ne vouloir faire « aucun commentaire » à ce sujet.
Mais y aura-t-il d’autres listes à droite ? Xavier Lebray (UMP) repartira-t-il dans une liste d’opposition ? Pour l’instant, sa décision n’est pas prise et l’homme fait même entendre un discours fédérateur : «  Emmanuel Lamy et Arnaud Péricard ont tous deux des ambitions identiques. Ils doivent aujourd’hui avoir ses ambitions communes. » Et d’ajouter : « Nous sommes tous issus d’une même famille politique, rassemblons-nous et mettons fin à nos discordes. »
En fait Xavier Lebray se sait courtisé et veut se faire désirer : « Je regarderai les programmes de chacun et j’irai vers celui qui voudra vraiment faire l’union. » Mais comme son rêve semble peu réalisable, il n’exclut finalement rien : ni de monter sa propre liste, ni même de se mettre en retrait de la vie municipale. Hypothèse la plus probable ?

Liste d’union à gauche

A gauche, on s’amuse plutôt de cette guerre de la droite. « Pour nous, plus il y aura de listes à droite, plus on aura de chances », expliquait il y a peu Pascal Lévêque qui emmènera une liste d’union de la gauche. On devrait y retrouver en bonne place Nicole Frydman, l’élue Verte, mais aussi des représentants des différents partis de gauche : PC, PRG ou MRC. Pascal Lévêque prend ainsi le relais de Jean Laurent.
Reste à savoir aujourd’hui, si une liste d’extrême-droite se mêlera à la campagne. Cela avait été le cas en 2001, avec la présence d’une liste du Front National, mais depuis, lors des dernières présidentielles et législatives, le parti de Jean-Marie Le Pen a subi une cruelle désillusion.
Voilà pour les candidats. Ils sont en train de mettre une touche finale à la constitution de leur liste. Pour les programmes, les équipes y travaillent et les affinent. Mais la campagne ne fait que commencer. La route est encore longue jusqu’à la terre promise.
Stéphane Bessac (Le Courrier des Yvelines)

A lire aussi :
Tous nos articles sur les municales de mars 2008

Nous refusons la discrimination génétique des familles

Depuis début septembre, notre groupe municipal n’a plus le droit de s’exprimer dans le Journal de Saint-Germain jusqu’aux prochaines élections municipales de mars 2008 en raison de la campagne électorale.
Nous vous proposons désormais de découvrir tous les quinze jours sur notre blog la tribune libre que vous auriez dû lire dans le Journal de Saint-Germain. Aujourd’hui un coup de gueule.


En cinq ans, nous aurons eu droit à quatre lois, à de multiples décrets et circulaires, à tout un arsenal d’inspiration xénophobe, à une inacceptable atteinte aux – déjà faibles – droits des étrangers.
Imposer un test ADN aux seuls étrangers pour fonder des liens familiaux, c’est leur refuser la conception et la protection de la famille à laquelle a droit chaque français. Les tests génétiques ne doivent être autorisés que sur décision judiciaire. L’histoire nous a appris qu’aucun projet politique ne peut justifier pareille rupture avec les valeurs de la République, avec les droits fondamentaux qui fondent l’humanité.
Pour nous, et pour nos enfants, nous ne voulons pas d’une société qui réduirait la filiation à une dimension génétique au mépris des liens du cœur et des principes juridiques, qui déshumaniserait l’étranger, qui alimenterait un regard stigmatisant sur les enfants et plus largement sur tous les citoyens d’origines diverses vivant sur le sol français. Nous ne voulons pas voir appliquer à d’autres des mesures que nous refuserions pour nous et pour nos enfants.
Nous qui sommes riches de nos multiples résistances et solidarités, des parrainages d’enfants de sans papiers, aux mobilisations dans les écoles, aux positions des chercheurs et des universitaires, à celles des syndicats solidaires des initiatives de tant de professions (assistantes sociales, personnels enseignants, inspecteurs du travail, personnels hospitaliers, pilotes de ligne, avocats, magistrats) nous disons non.
Au-delà des débats légitimes sur l’immigration, il est des valeurs d’humanité sur lesquelles nul ne peut transiger. Nous voulons voir appliquer une autre politique respectueuse cette fois des familles, des enfants, des travailleurs immigrés.

Comme déjà plus de 250.000 personnes à ce jour (un succès énorme!), signez la pétition :
http://www.touchepasamonadn.com/

A lire aussi, nos précédentes tribunes libres :
La petite enfance à Saint-Germain
La vie associative à Saint-Germain
La politique éducative à Saint-Germain

Yvelines Première va-t-elle disparaître ?

La chaîne de télévision Yvelines Première est-elle menacée de disparition ? Certains propos du maire de Saint-Germain-en-Laye lors du conseil municipal du 4 octobre 2007 peuvent le laisser penser.
Ce conseil municipal examinait les rapports moraux annuels de plusieurs syndicats intercommunaux, nous avons déjà parlé de celui du Sidru.
Yvelines Première est une chaîne de télévision locale, née en 1989 de la volonté du député-maire RPR de l’époque Michel Péricard, ancien journaliste. Elle est diffusée sur le réseau câblé de l’opérateur Noos (groupe Lyonnaise des Eaux), devenu depuis Numéricable.
Un syndicat intercommunal, le SIDECOM, a été créé en 1984 pour étudier puis réaliser le réseau câblé local. Il comporte en 2006 33 communes, dont Saint-Germain-en-Laye. Son président actuel est Jacques Masdeu-Arus, député-maire de Poissy.
En 2006, Noos s’est désengagé financièrement d’Yvelines Première, occasionnant une crise majeure pour la télévision locale et pour le SIDECOM. Noos représentait en effet environ 27% des ressources d’Yvelines Première en 2006, selon le rapport présenté en conseil municipal. Face à ce désengagement, la télévision locale a dû s’adapter et faire des économies et les villes ont dû augmenter leur participation. Les communes membres du SIDECOM contribuent en effet à plus de 60% des recettes d’Yvelines Première, le solde (environ 10%) provenant du conseil général des Yvelines.
Ce désengagement de l’opérateur a créé un grave déséquilibre financier et le SIDECOM a désormais « des interrogations sur l’avenir d’Yvelines Première », a indiqué le maire de Saint-Germain lors du conseil. « Toutes les hypothèses sont étudiées » dans un audit indépendant, « y compris l’arrêt à terme » a-t-il répondu aux questions des élus de l’opposition. Le territoire du SIDECOM n’a « aucune cohérence » selon M. Lamy et « les nouvelles de Chapet n’intéressent pas les Saint-Germanois… ».
Une des anomalies dans ce dossier, soulevée par certains conseillers municipaux, y compris de la majorité, est que personne ne connait l’audience de cette chaine, vraisemblablement extrêmement modeste. Noos estime qu’il s’agit d’un « secret commercial » et aucun élu n’arrive à obtenir ces mesures d’audience, pourtant fondamentales pour les décisions futures.
Pour quelles raisons des fonds publics (chaque commune cotise en fonction du nombre de ses habitants et des prises de câble) devraient être dépensés pour une télévision privée, a fortiori à l’audience extrêmement faible ? Ces 700.000 euros sont « le fond de la question« .
Il semble qu’en dehors de Saint-Germain (où est implantée Yvelines Première), peu de communes souhaitent le maintien de cette chaine locale. Emmanuel Lamy a déclaré être « dans le flou actuellement » et qu’un « grand nombre de communes ne sont pas favorables à cette dépense ».

Nationale 184 : bientôt des travaux d’urgence mais pas encore de réelle requalification

La N184 entre Conflans et Saint-Germain est la route la plus dangereuse des Yvelines, voire d’Ile-de-France, chacun le sait et nous en avons parlé à de nombreuses reprises sur ce blog. Entre 2001 et 2006, on recense 104 accidents, 12 morts et 162 blessés. En 2007, il y a déjà eu 3 morts et 24 blessés (dont 5 graves).
Cette route est totalement laissée à l’abandon par l’Etat depuis des années, malgré les interventions fréquentes des élus. Marquage au sol quasiment effacé, éclairage en panne, carrefour mal dessinés, chaussée très dégradée, etc… l’entretien est inexistant.
Une réunion a eu lieu le 27 septembre entre le sous-préfet et les maires de Conflans et Saint-Germain, ainsi que le rapporte le Courrier des Yvelines du 3 octobre. Il en ressort que l’Etat a enfin décidé de procéder à des travaux d’urgence à la fin de l’année, en particulier sur le marquage au sol et sur le pont d’Achères, où des plots séparateurs seront installés. En 2008, des travaux de sécurité interviendront sur les carrefours et la chaussée.
Des études seront lancées en 2008 sur l’amélioration de la chaussée sur le pont de Conflans (aujourd’hui dans un état si dégradé que la vitesse y a été limitée à 70k/h !) et sur l’éclairage.
A plus long terme (2009-2010), d’autres études seront lancées pour un réaménagement complet de la N184 et une enquête d’utilité publique devrait avoir lieu.
Il ne s’agit donc que de mesures d’urgence consistant à rattraper l’énorme retard pris par l’Etat dans le simple entretien d’une route entièrement sous sa responsabilité… Les vrais travaux de requalification attendront encore et visiblement l’Etat n’a encore aucun réel projet de mise en sécurité de cette nationale.
Interrogé par le Courrier des Yvelines, le maire UMP de Saint-Germain a estimé qu’ « il s’agi[ssait] de bonnes mesures de sécurité, avec un effet d’immédiateté, mais qui ne régleront pas les problèmes de fond ».
Le maire PS de Conflans Philippe Esnol est beaucoup plus sévère et nous partageons totalement son avis : « on ne se donne pas les moyens de faire bouger les choses. Entre 2000 et 2006, alors que je suis intervenu à plusieurs reprises, rien n’a jamais été fait, même pas des travaux d’urgence. Or les financements étaient là […]. [Mais] les crédits ont été bloqués dans l’attente du tracé de l’A104 ».

Des crédits importants (près de 30 millions d’euros) avaient en effet été provisionnés depuis plusieurs années pour la mise en sécurité de cette nationale mais ils n’ont jamais été dépensés. Car, entre temps, le débat sur le prolongement de l’A104 entre Méry/Oise et Orgeval est intervenu. Et les élus de droite de la Région ont axé leur priorité sur l’arrivée de cette autoroute plutôt que sur les travaux de sécurisation de la nationale. Pour Philippe Esnol, « l’Etat a sciemment laissé pourrir la situation sur cette route pour que les usagers en aient ras-le-bol et contraignent les élus à céder sur le prolongement de l’A104. »
La défense du sous-préfet (« le débat sur la Francilienne a perturbé l’avancée du projet. […]. Aujourd’hui les choses sont claires. On reprend le dossier de la N184« ) n’est pas tenable. Car même si le prolongement de l’A104 devait voir le jour (nous y sommes clairement opposés), celui-ci n’interviendrait pas avant 2015-2020 ; avec ou sans A104, la mise en sécurité de la Nationale 104 est indispensable et extrêmement urgente. Et l’Etat doit assumer toutes ses responsablités dans ce domaine.

Sources : Le Courrier des Yvelines du 3 octobre

Sur ce sujet, lire aussi nos précédents articles :
Tous nos articles sur le dossier A104 et en particulier notre position
Insécurité routière permanente aux abords de la Fête des Loges  Nationale 184 : pourquoi tous ces drames ?
Nouvel accident mortel sur la N184 dans la forêt

Enquête d’utilité publique sur la révision du SDRIF du 15 octobre au 8 décembre

Le nouveau schéma directeur de la région Ile de France (le SDRIF), dont nous avons déjà parlé sur ce blog, est soumis à enquête d’utilité publique du 15 octobre au 8 décembre 2007 inclus dans toute la région parisienne.
Cette enquête d’utilité publique permet aux citoyens de prendre connaissance des projets de la région et de formuler ses observations sur des registres d’enquêtes.
Le dossier d’enquête est consultable dans toutes les préfectures et sous-préfectures de notre région.
Dans les Yvelines, on peut prendre connaissance du dossier à la préfecture de Versailles, aux sous-préfectures de Saint-Germain-en-Laye, Mantes et Rambouillet. Le commissaire enquêteur sera aussi présent deux à trois matinées durant cette période dans les communes d’Ablis, Aubergenville, Beynes, Bonnières-sur-Seine, Bréval, Chevreuse, Houdan, La Celle-Saint-Cloud, Le Perray-en-Yvelines, Mantes-la-Jolie, Meulan, Montigny-le-Bretonneux, Rambouillet, Sartrouville, Verneuil-sur-Seine et Versailles.
A Saint-Germain-en-Laye, le commissaire enquêteur sera présent le lundi 15 octobre de 9h à 12h, le samedi 17 novembre de 9h à 12h30 et le samedi 8 décembre de 9h à 12h30.

Plus de détails :
Le site du SDRIF
Le conseil général des Yvelines vote contre le SDRIF
Les documents du SDRIF (sur le site Rives de Seine)

Le Courrier des Yvelines : à Saint-Germain, Pascal Lévêque défendra les couleurs de la gauche (3 octobre 2007)

Téléchargez cet article du Courrier des Yvelines du 3 octobre 2007 au format Pdf (5.2Mo)
Investi par le Parti socialiste, ce Saint-Germanois de 49 ans emmènera la liste de gauche aux prochaines élections municipales à Saint-Germain-en-Laye. Son projet : promouvoir une ville solidaire. Il nous dévoile quelques-uns des grands thèmes de sa campagne.

« C’est très enthousiasmant ! Défendre un projet de gauche basé sur la solidarité dans une ville comme Saint-Germain-en-Laye, c’est très motivant« . Pascal Lévêque est prêt au combat. Bien sûr, il ne sera pas favori dans une ville bastion de la droite depuis toujours. Mais il n’entend pas jouer les challengers pour autant, et veut jouer la victoire. « En plus, en face de nous, on aura au moins deux listes de droite, celles d’Emmanuel Lamy et d’Arnaud Péricard. Vous savez, pour nous, plus l’adversaire sera divisé, plus on aura de chances.« 
Un travailleur inépuisable Mais le candidat socialiste, investi la semaine dernière par ses pairs, ne veut pas se focaliser sur ses adversaires. Saint-Germanois depuis six ans, Pascal Lévêque est aussi un travailleur inépuisable. Voilà près de deux ans qu’il se prépare au rendez-vous de mars prochain. Comme le montre son programme, près d’une centaine de pages, concocté par lui et son équipe. La ligne directrice de son projet pour Saint-Germain-en-Laye ? La promotion d’une ville solidaire. « Certains disent que Saint-Germain est une ghetto de riches. Mais il faut casser cette image et au contraire favoriser la mixité, la solidarité, trouver un meilleur équilibre entre les différentes couches de la population. »
Parmi les points importants de son programme : le logement. « Il faut que la Ville aumente le nombre de logements sociaux, aller au-delà de loi SRU et imposer au promoteur privé au moins 25% de logements sociaux« . « On ne peut plus accepter que des jeunes nés dans cette ville ne puissent y rester à cause des prix de l’immobilier.« 
Une salle de spectacle au Bel-Air Toujours sur le registre de la solidarité, mais dans d’autres domaines, Pascal Lévêque lève le voile sur quelques-unes de ses priorités : favoriser les transports collectifs, faciliter la création d’une centaine de crèches en six ans, développer une vie culturelle pour tous avec par exemple la création d’une salle de spectacle de trois cents places dans le quartier du Bel-Air – « Il faut changer les habitudes, faire en sorte que tout ne soit pas dirigé vers le centre-ville » -, améliorer les relations entre les différentes générations, défendre l’hôpital public… Bref, cet amoureux de sa ville, dont l’arrière-grand-père avait un commerce sur la place du marché, fourmille d’idées.
Une expérience de la politique Quelle sera la composition de sa liste ? Pour l’instant, ce directeur général d’un organisme de formation ne veut pas rentrer dans le détail. « Ce sera une liste d’ouverture qui aura vocation à rassembler au-delà du Parti socialiste. On a à Saint-Germain déjà une longue histoire commune avec les Verts, le PRG, le MRC ou le PC. Mais je compte bien aussi réunir des personnalités locales sans étiquette politique et de la vie associative. » Pascal Lévêque est d’ailleurs président d’honneur d’une association saint-germanoise qui oeuvre pour les droits de l’homme.
La politique, il connaît. Même s’il n’a rejoint le PS qu’en 2004, il s’est toujours senti d’une sensibilité de gauche (plutôt strauss-kahnienne lors des primaires aux présidentielles). Il a ainsi été maire adjoint, à la culture puis aux finances, à Triel-sur-Seine de 1989 à 1995, dans une municipalité alors plutôt centriste.
Il va ainsi reprendre le flambeau de Jean Laurent (qui sera d’ailleurs sur sa liste), son prédecesseur à la tête des socialistes saint-germanois, et tenter de faire ce que celui-ci n’a jamais pu faire en plus de vingt ans de combats électoraux : décrocher le Saint-Graal : la mairie de Saint-Germain. Réponse en mars prochain.
Stéphane Bessac (Le Courrier des Yvelines)

A lire aussi :
Tous nos articles sur les élections municipales de mars 2008

SIDRU (4) : Le président du Sidru sur la défensive en conseil municipal

Jeudi 4 octobre se tenait le conseil municipal de Saint-Germain. En fin de conseil ont été présentés les rapports 2006 des syndicats intercommunaux.

Jean Laurent, conseiller municipal socialiste, a ainsi pu poser un certain nombre de questions au maire au sujet de la gestion spéculative de la dette du Sidru, que nous dénonçons depuis plusieurs mois sur ce blog (pour plus de détails, voir nos articles n° 2 et n° 3)

Le maire de Saint-Germain, qui est également président du Sidru, avait bien entendu préparé sa réponse, puisque nous l’avions informé de notre courrier aux maires des autres communes (voir conclusion de l’article n°3).

Sa réponse tient en plusieurs points :

·          Tout d’abord la dette du Sidru est lourde. Il rejoint là notre analyse de l’héritage qu’il a trouvé en prenant la présidence du Sidru (voir article n°1 sur l’historique du dossier). Il a insisté sur le taux élevé de cette dette : 5,10% pour un emprunt et 5,92% pour l’autre. Donc il devait faire quelque chose quant aux dépenses nécessaires pour faire face aux évolutions des normes de sécurité. Jusque-là nous sommes d’accord.

·         Il a donc choisi de gérer la dette de manière « moderne », ce que nous appelons ‘spéculative’. Il a clairement indiqué : « Nous avons pris des risques ». Nous, c’est lui-même et l’adjoint au maire de Conflans. M. Lamy cherche à nouveau à diluer ses responsabilités, en impliquant cette fois le Vice-président du Sidru. C’est pourtant bien lui le président du Sidru, et le signataire de tous les contrats. C’est lui qui a la délégation des 15 membres du Sidru.

·         Puis il a nié que ces opérations aient entraîné des pertes. Il a même donné le montant de « 7 millions d’euros » de gains. Il n’a par contre pas mentionné la valeur liquidative des opérations, information capitale que nous avions pourtant demandée. Ces ‘gains’ supposés sont d’ailleurs contradictoires avec sa description de la position de taux qui a été défavorable depuis que la courbe des taux s’est aplatie. Il a reconnu le taux à payer de 11%, taux énorme, qui valide notre estimation de 12% à 13% (article n°2).

·          Pour rattraper cette première perte, il a négocié deux  swaps de change. En clair, cela veut dire qu’il a pris sa perte sur la spéculation sur la courbe des taux, ce qui rejoint notre analyse (article n°3).

·          Il a donc décrit le risque lié à ces swaps de change, à savoir une perte si l’euro/franc suisse passe en dessous de 1,41 avant janvier 2014, ou en dessous de 1,36 avant avril 2029. Il considère que ce scénario est peu vraisemblable. Pourtant, un calcul financier montre que la probabilité que l’euro/franc suisse soit inférieur à 1,36 en 2029 est de 60%. Il y a donc plus d’une chance sur deux pour que le taux à payer en fin d’emprunt soit de l’ordre de 36%. Oui, 36% de la dette restante à payer chaque année !

·          Concernant l’autre formule de change, le Sidru paiera un taux élevé si le taux euro/dollar passe au-dessus du taux euro/franc suisse avant fin 2018. Actuellement ces taux sont respectivement égaux à 1,41 et 1,66. Les calculs montrent que la probabilité de payer le taux élevé est également supérieure à 60%. On peut en juger simplement en regardant l’évolution du différentiel (euro/dollar – euro/franc suisse) depuis l’an 2000 : -0,66 (octobre 2000), -0,57 (oct. 2001), -0,48 (2002), -0,38 (2003), -0,29 (2004), -0,35 (2005), -0,33 (2006) et enfin -0,25 actuellement. Ce différentiel a diminué de près des 2/3 depuis 2000, et le président du Sidru parie qu’il va rester négatif pendant 11 ans ! Si le seuil de 0 est franchi le taux à payer montera rapidement : 37% pour un différentiel de +0,20. On peut illustrer cette formule par le graphique ci-dessous : le Sidru paiera un taux élevé si la courbe bleue rentre dans le rectangle rouge :

 

·        Pour conclure, M. Lamy a rappelé la nécessité de ne pas rester inactif devant la dette élevée du Sidru, et de chercher à la réduire par tous les moyens : il cherchait à faire croire qu’il avait l’obligation de spéculer !

 Notre analyse :

·        On sentait E. Lamy mal à l’aise jeudi dernier pour parler de ce dossier. Il a tenté de défendre ces opérations tout en se défaussant sur le Vice-président du Sidru. Ses arguments ‘techniques’ ne sont pas convaincants pour qui travaille dans ce domaine.

·        Cette description des faits montre que le président du Sidru se refuse à faire le bilan objectif et lucide des opérations de swaps faites depuis 2005. Alors qu’il trouve les taux de 5,10% et 5,92% « trop élevés », il a mis le Sidru en situation de payer des taux bien plus hauts d’ici quelques années.

·        Nous avons appelé l’adjoint aux finances de Conflans et Vice-président du Sidru, mis en cause par E. Lamy jeudi, qui nous a déclaré : « Au Sidru il est nécessaire d’établir un plan de gestion global sur 20 ans, avec un redéploiement des charges prévisibles, certaines comme le rachat de l’usine à 20% de sa valeur en fin du bail emphytéotique en 2018[1], ou aléatoires comme l’évolution des normes ou des taux d’intérêt. Cette étude est indispensable pour définir la progression régulière des ressources, nécessaire aux équilibres budgétaire et donc garantir une augmentation progressive et maîtrisée du prix à la tonne facturé aux communes. Actuellement on navigue à moyen terme, presque à court terme (5 ans). On ne peut pas attendre les élections municipales. Cette étude doit être menée avant.

En ce qui concerne les Swaps CMS, ils ont été faits par un expert alors en accord avec les indications du ministère de l’Intérieur, avant que je ne m’occupe directement des finances du Sidru. Le Sidru a mis fin aux services de cet expert.

Les swaps de change ont permis de résoudre les problèmes immédiats. Il faudra néanmoins dans une vision saine, intégrer les intérêts, les aléas éventuels qu’ils peuvent constituer, en provision dans le plan global de gestion pour en assurer la cohérence et le réalisme.». A notre avis, les swaps de change repoussent le problème et l’amplifient plus qu’ils ne le résolvent. Pour les swaps de taux, l’interruption du contrat de l’expert est cohérente avec les pertes que nous avons calculées. Pourquoi le Sidru aurait-il mis fin aux services de cet expert si ses conseils avaient permis de gagner de l’argent, comme Emmanuel Lamy l’a prétendu ? (voir encadré dans notre article 3).

·        Si le Sidru a besoin d’investissements pour appliquer les normes techniques, alors il faut augmenter la taxe ou augmenter les contributions des villes. Sur ce point nous donnons raison au Vice-président du Sidru. Mais M. Lamy a fait des taux de taxes locales bas un tel enjeu politique qu’il se refuse à cette solution rationnelle. Donc il a joué. C’est comme si un particulier surendetté espérait se renflouer au casino. Manque de chance, son pari fait en 2005 a été perdant. Qu’a-t-il fait en 2007 ? Il a doublé sa mise avec des opérations encore plus risquées.

·        Nous dénonçons de manière catégorique cette politique. Nous répétons que nous voulons :

1.  Que soient évaluées les valeurs liquidatives des swaps en cours de manière à évaluer la rentabilité globale de ces opérations

2.  Que ces opérations soient annulées dans les ‘moins mauvaises’ conditions possibles

         3.    Que les finances du syndicat soient revues et – si nécessaire – que la taxe et/ou les contributions des communes soient augmentées « de manière progressive et maitrisées » ainsi que le suggère le vice-président du Sidru dans notre entretien.


[1] En effet à l’issue du crédit bail le syndicat devra payer une partie du coût de l’usine.