Emmanuel Lamy et la droite saint-germanoise refusent d’accueillir des réfugiés dans la ville

h__tel_ville_entr__e_int__rieure-_r__duitLe règlement permet à un groupe de déposer un voeu qui est de ce fait examiné en conseil municipal. C’est cette possibilité que les élus de gauche ont utilisé pour le conseil municipal du jeudi 24 septembre pour demander que la ville de Saint-Germain-en Laye accueille quelques familles de réfugiés dans notre commune.
Voici ci-dessous l’intégralité du voeu déposé par le groupe Saint-Germain-Autrement :
- Considérant la crise migratoire inédite que connaissent l’Europe et la France
– Considérant qu’il s’agit de répondre des maintenant, concrètement aux drames que connaissent les femmes, les hommes et les enfants qui cherchent à échapper aux guerres qui secouent leurs pays d’origine en zone de conflits en Syrie, en Irak ou en Erythrée
– Considérant que les situations insupportables qui se succèdent à nos frontières, l’Europe a décidé de se mobiliser à travers la voix du Président de la République et celle de la Chancelière allemande pour répondre à la détresse des milliers de demandeurs d’asile
– Considérant que cette mobilisation européenne ne pourra être efficace que si elle se traduit localement par des actions concrètes
– Considérant les appels à la solidarité des communes des associations nationales laïques et religieuses de notre pays
– Considérant qu’au-delà de tout clivage politique, nous respectons notre devoir moral de défendre et protéger les populations
– Considérant que la ville de Saint-Germain-en-Laye, ville internationale, accueille 5.350 ressortissants étrangers résidents et que la ville se considère comme ville d’accueil des expatriés
– Considérant que le tissu associatif d’accueil et de solidarité de la ville de Saint-Germain- en-Laye est particulièrement riche et qu’un inventaire de bâtiments collectifs actuellement vides pourrait être actualisé
Accueil-réfugiésLe Conseil Municipal exprime le voeu suivant :
« Le Conseil municipal de Saint-Germain en Laye constate une crise migratoire inédite que connaît l’Europe et la France. Face aux drames insupportables qui se succèdent à nos frontières pour ces femmes, ces hommes et ces enfants de Syrie, d’Irak et d’Erythrée qui fuient ces zones de conflits, une mobilisation concrète doit aussi se traduire localement.
En partenariat avec la Préfecture des Yvelines, l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides, le Centre local d’Accueil des Demandeurs d’Asile, le CCAS, des partenaires institutionnels et les associations Saint-Germanoises, la ville de Saint-Germain-en-Laye exprime son intention d’accueillir une ou plusieurs familles de réfugiés sur son territoire. »
Lors du débat en Conseil, le groupe majoritaire par la voix du maire Emmanuel Lamy a souhaité apporter la communication suivante :
« Face à la crise migratoire que traverse l’Europe, le Conseil Municipal exprime sa sollicitude et sa solidarité envers ces hommes, ces femmes et ces enfants contraints de fuir leur pays en guerre.
Devant les images relayées par les médias, il est difficile de ne pas partager l’émotion collective : nous sommes tous concernés.
Le Conseil Municipal constate qu’il appartient à la communauté internationale d’agir rapidement pour faire cesser les causes de cette crise humanitaire dramatique.
Il rappelle que l’accueil et l’hébergement d’urgence sont des compétences de l’Etat.
A l’heure actuelle où l’Etat réduit drastiquement les moyens des collectivités locales, il considère que ce n’est pas une allocation de 1 000 € par personne qui permettra d’assurer un accueil digne aux réfugiés.
La Ville de Saint-Germain-en-Laye n’a pas attendu la crise actuelle pour se doter d’un dispositif d’accueil d’urgence. Notre centre d’Accueil de Demandeurs d’Asile (CADA), crée il y a quelques années, ne peut accueillir plus de réfugiés.
Mais, comme elle l’a toujours fait, notre Ville accompagnera bien évidemment de son mieux les initiatives individuelles ou collectives destinées à venir en aide à celles et ceux qui en ont le plus besoin. »
Face à ce refus d’engagement de la Ville, les élus PS ont tenté de convaincre leurs collègues par la voix de Pascal Lévêque :
« Nous avons déposé ce voeu au nom de notre groupe, il y a maintenant quinze jours auprès de vos services, fruit d’une démarche exclusivement individuelle et humaniste des membres de notre groupe.
Je ne vais pas reprendre un à un les éléments de contexte figurant dans ce voeu. Ils concourent tous à un même objectif, la ville de Saint-Germain-en-Laye peut-elle accueillir quelques familles de réfugiés sur son territoire ?
Si une ville comme Saint-Germain-en-Laye ne peut accueillir 3 ou 4 familles de réfugiés, qui pourrait le faire alors en France ?
Avec ses partenaires publics, institutionnels ou associatifs, nous pensons être en capacité à faire partie de cette chaîne d’union de solidarité quand l’Histoire frappe à notre porte.
Quelques locaux libres, ancienne maison de retraite ou appartements publics libres, il y en a. Une aide financière possible, même modeste, n’est-elle pas envisageable ? Surtout dans ce conseil où en décision modificative on vient d’enregistrer un flux positif de + 431.000 €.
On a souvent redit, ces derniers temps, Monsieur Le Maire, la phrase de Michel Rocard « La France ne peut accueillir toute le misère du monde », au moins citons là dans son intégralité..mais elle doit en prendre fidèlement sa part. »
Mes chers collègues, nous n’avons pas compris votre texte ajouté à notre voeu. Saint-Germain-en-Laye ne veut pas en prendre fidèlement sa part ? Vous souhaitez en faire exclusivement une affaire de l’Etat ?
Je m’adresse à ceux d’entre vous, qui sont dans la filiation du gaullisme qui ont toujours considéré que la France et la Nation ont un devoir d’accueil.
Je m’adresse ici à ceux d’entre vous, d’inspiration centriste, démocrate-chrétien, qui ont toujours mis la solidarité au coeur de leur action.
Participez à ce voeu présenté qui est acceptable par tous. »
Malheureusement notre voeu a été rejeté. Chacun sera juge, nous ne souhaitons pas polémiquer ; nous constatons seulement que jeudi soir le Conseil Municipal de Saint-Germain n’a pas été à la hauteur des enjeux de l’Histoire qui frappe à notre porte.

Notre tribune libre dans le Journal de Saint-Germain : Humanité et solidarité avec les réfugiés

Tribune libre des élus PS de Saint-Germain-en-Laye parue dans le Journal de Saint-Germain du 18 septembre 2015.


Nous avons tous été frappés ces dernières semaines par les tragédies vécues par les migrants.
Même si le contrôle aux frontières « Schengen » a été renforcé pour mieux distinguer le droit d’asile et l’immigration irrégulière (177 filières de trafiquants ont été démantelées en France ces derniers mois), il est à prendre en compte que les mouvements de migration ne s’arrêteront pas dans un proche avenir : tant que la situation de guerre ou politique du Moyen-Orient et de l’Afrique ne sera pas stabilisée, aucun dispositif de contrôle n’empêchera ces personnes de fuir leurs pays.

Accueil-réfugiésUn des principes de notre République est que tout individu qui fuit la guerre, la persécution, la torture, le terrorisme, a le droit de quitter son pays pour demander l’asile et être accueilli dignement.
Dans cet esprit, l’Europe, l‘Allemagne et la France sont pleinement mobilisées, toutefois, cette mobilisation ne pourra être efficace que si elle se traduit localement dans nos communes, nos agglomérations par des actions concrètes d’accueil et d’intégration. A l’instar de notre jumelle en Allemagne, Aschaffenburg, où 350 demandeurs d’asile ont trouvé protection, il est encore temps à Saint-Germain-en-Laye de mobiliser la ville et le réseau associatif pour y prendre toute notre part.

Sur un tout autre sujet, la ville a encore retiré pendant l’été des panneaux d’affichage de libre expression. C’est ainsi qu’en deux ans 60% de la surface totale dédiée à l’expression politique a été supprimée dans notre ville. Nous nous insurgeons contre cette atteinte au respect de la liberté d’expression. Comme le rappelait Albert Camus, la démocratie ce n’est pas la loi de la majorité : il est des mesures qui déshonorent ceux et celles qui les prennent.

Inscrivez-vous sur les listes électorales jusqu’au 30 septembre 2015

Exceptionnellement cette année, en raison des élections régionales des 6 et 13 décembre 2015, il est possible de s’inscrire sur les listes électorales jusqu’au 30 septembre.

infog-inscriptions-regionalesConcrètement, si vous n’êtes pas inscrit sur les listes électorales ou si vous avez déménagé, vous pouvez, avant le 30 septembre, vous inscriresur les listes électorales de votre commune afin de pouvoir voter là où vous résidez.

De nombreux électeurs français sont en effet inscrits dans un bureau de vote qui n’est pas celui dont relève leur domicile. Parfois même, il s’agit d’une région différente. Cela contribue à la forte abstention relevée lors des derniers scrutins.

Deux possibilités :

vous vous rendez dans la mairie de votre commune, avec votre pièce d’identité et un justificatif de domicile..

vous vous inscrivez en ligne sur le site mon.service-public.fr

Chaque voix compte pour décider de l’avenir de votre région. D’autant que le scrutin est à la proportionnelle.

Saint-Germain-en-Laye : à trois mois des élections régionales, nouvelles attaques contre la liberté d’expression politique

SAMSUNGDans le courant de l’été, la majorité municipale de Saint-Germain-en-Laye (Les Républicains) a fait procéder au démontage de 4 panneaux d’affichage réservés à l’expression des partis politiques.
Cette mesure intervient moins de trois ans après la suppression de 13 premiers panneaux en octobre 2012 et conduit à une disparition de près de 60% de la surface d’affichage dédiée à l’expression politique (il ne subsiste que 12 panneaux sur les 29 initiaux).
Les raisons invoquées par le maire (LR) Emmanuel LAMY ne parviennent pas à dissimuler les intentions réelles. Dans un amalgame douteux et sans aucun rapport, sont invoqués développement durable et pollution visuelle. Invoquer la protection de l’environnement pour justifier une mesure de censure pourrait faire sourire s’il n’était pas question ici de démocratie et de liberté d’expression.

Comment oser parler de chasse au gaspillage de papier alors que le journal municipal est tiré à plus de 31 000 exemplaires dans une commune ne comptant que 18 000 boites aux lettres ? Comment oser invoquer le coût de l’entretien des panneaux alors que l’affichage sauvage, qui ne manquera pas de réapparaitre en particulier sur les bâtiments publics, provoque des coûts d’entretien bien supérieurs ? Comment admettre l’expression « pollution visuelle », habituellement associée aux espaces publicitaires, pour évoquer l’affichage d’opinion ?

L’affichage libre, réservé aux associations à but non lucratif et aux partis politiques est une liberté fondamentale et un droit garanti par la loi (loi n° 79-1150 du 29 décembre 1979), régi par les articles L. 581-13, R. 581-2 et R. 581-3 du Code de l’environnement.
Il est heureux que le législateur garantisse la liberté d’expression politique a minima. Cela permet de préserver ainsi sur notre territoire la subsistance de plusieurs panneaux d’expression. Hélas, l’Etat ne peut pas tout et c’est aux collectivités que revient le devoir de faire vivre la démocratie locale.
A Saint-Germain-en-Laye, les atteintes au respect de la liberté d’expression et au pluralisme démocratique ne sont pas nouvelles. Mais celle-ci est d’autant plus grave qu’elle intervient dans un contexte pré-électoral et alors même que notre commune connaît, scrutin après scrutin, des records d’abstention.

On ne confisque pas la parole politique impunément. Comme le rappelait Albert Camus, la démocratie, ce n’est pas la loi de la majorité : il est des mesures qui déshonorent ceux et celles qui les prennent. Cette nouvelle atteinte à la liberté d’opinion en est une.