Massacre à la tronçonneuse sur l’avenue des Loges à Saint-Germain-en-Laye

photo 4Consternation et colère

Consternation car comme par hasard, ce sont pendant les premiers jours de vacances d’hiver que les tronçonneuses se sont mises activement en action à Saint-Germain pour déboiser et défricher à tour de bras.

photo 5« Tronçonneuse » n’est sans doute pas le bon terme, ce sont de véritables « monstres de puissance» qui sont entrés en action pour débiter et réduire en copeaux les centaines d’arbres de l’avenue des Loges et de l’avenue Kennedy.

Tout ceci dans le cadre du projet de Tram train et de sa virgule pour relier la gare de la grande ceinture jusqu’au RER A. Consternation de voir la disparition de centaines d’arbres (plus de 800 à ce jour) – pour certains centenaires – et qui faisaient la fierté de cette perspective de l’Avenue des Loges dans le prolongement du Château de Saint-Germain-en-Laye. Consternation de les voir débités tous sur place pour dit-on alimenter la chaufferie biomasse de la ville. Consternation de voir en quelques jours détruit notre paysage que nos ancêtres avaient su conserver et entretenir depuis Louis XIV.

photo8Colère sur une procédure, celle d’enquête publique, trop longue pour être maintenant pertinente. Nous n’avons jamais remis en cause le prolongement de la tangentielle Ouest vers Poissy d’une part et Saint-Cyr d’autre part, ligne désormais appelée Tram 13 Express. Nous contestons les 3 kms reliant la gare de la grande ceinture vers le RER A de centre-ville. Un coût exorbitant supplémentaire (estimé à 75 millions € en 2013!) et les traversées de la N184 et de l’Avenue des Loges pour revenir vers la plan-virgulepiscine dans l’axe du Château de Saint-Germain.

Colère car l’interconnexion avec le RER pourrait se faire à Poissy ou Achères avec le prolongement de la phase 2. Colère sur une technologie le tram train présenté en début de projet 2011 et qui sera effectif en 2019, technologie dépassée pour ce prolongement de 3 kms et qui aujourd’hui aurait pu être aisément remplacée par des navettes électriques.

photo 2Colère contre ces élus passifs qui ne voient que leur intérêt partisan, du président du Sénat, Gérard Larcher, qui se satisfait que la replantation rendue nécessaire par l’abattage se fera sur Rambouillet, en passant par le maire de Saint-Germain, Emmanuel Lamy qui en fait un sujet électoraliste et fait payer ses transports locaux par l’Etat et la Région.

Colère contre le journal municipal, de plus en plus appelé « la Pravda local » qui ne donne la parole qu’à certains responsables d’association de défense de l’environnement en taisant et oubliant les autres qui comme par hasard combattent le projet. Colère aussi contre la passivité du ministère de l’Environnement et du Développement durable.

photo 6Pour les arbres, malheureusement le mal est fait. Comme l’a écrit le journaliste et animateur Stéphane Bern, cette semaine : « Les élus qui ont permis cela devront rendre des comptes à la Nation ».

Par contre, il est encore temps d’acter son opposition au projet de la virgule pour alerter nos politiques sur la recherche d’une alternative responsable et cohérente avec notre futur et notre environnement.

Pascal Lévêque

Président du groupe des Elus de gauche

Conseiller municipal PS de Saint-Germain-en Laye

Travaux sur la N184 rue Frahier à Saint-Germain : l’Etat fait machine arrière après des embouteillages monstres

Depuis le 28 sep­tem­bre, la Direc­tion des Routes d’Ile de France (DiRIF) ten­tait une réor­gan­i­sa­tion des cir­cu­la­tions dans la tra­ver­sée de Saint Germain-en Laye, entre le car­refour du Bel Air et la place Chris­tiane Frahier, à hau­teur de l’intersection avec la rue Jeanne d’Arc. Cette expéri­men­ta­tion devait répon­dre à un souci de faire dis­paître un point de con­ges­tion quo­ti­dien très impor­tant aux heures de pointes à l’entrée sud de Saint-Germain, avec des embouteillages importants sur la déviation de la N13.

Cepen­dant, il a été con­staté depuis une impor­tante dégra­da­tion des con­di­tions de cir­cu­la­tion dans le sens nord-sud ainsi qu’un accroisse­ment des embouteil­lages sur le réseau envi­ron­nant.

A la demande de la Ville de Saint-Germain-en-Laye, la DiRIF a décidé de revenir à la situation antérieure : deux voies dans le sens nord-sud et une voie dans le sens sud-nord. Des travaux de marquage au sol débuteront le 25 octobre.

L’inversion du pro­fil de cir­cu­la­tion de cette sec­tion devrait être effec­tive le 29 octo­bre 2010, sous réserve des con­di­tions météorologiques.

D’importants embouteillages sont donc encore à attendre d’ici la fin du mois.

 

Source : site de la ville de Saint-Germain-en-Laye

 

A lire également sur notre blog :

Tous nos articles sur la Nationale 184

Prostitution dans la forêt de Saint-Germain : l’esclavage continue

Le nombre de prostituées en forêt de Saint-Germain ne diminue pas, malgré un vaste réseau démantelé en 2003. Le Courrier des Yvelines y consacre cette semaine un dossier complet.
Le journal a interviewé à cette occasion Nicole Frydman, conseillère municipale (Verts) de Saint-Germain, membre du groupe d’opposition de gauche Saint-Germain Solidaire. Elle dénonce l’intolérable situation de ces femmes et de ces hommes victimes d’un véritable esclavage sexuel.

Le Courrier des Yvelines : Comment arrêter la prostitution en forêt de Saint-Germain-en-Laye?
Nicole Frydman : Ca ne sert à rien de les verbaliser, de les mettre en taule. Elles ne sont pas responsables. Tant qu’on ne fera pas le ménage parmi les souteneurs, elles seront toujours là. En 2003, la police avait démantelé un vaste réseau mais les choses ont repris leur cours. Quand une fille s’en va, une autre arrive. N’oublions pas également que la prostitution se développe en même temps que grandissent les difficultés économiques. Aujourd’hui, elles sont nombreuses dans la forêt.
LCY : Selon vous, y a-t-il autant de filles dans la forêt depuis sept ans? Doit-on l’accepter?
NF : La prostitution n’est pas que féminine. On a des jeunes hommes en difficultés qui travaillent près du Château du Val l’été. La grille Royale est un haut lieu de la prostitution masculine répertorié sur les sites gays. Combien sont-ils au total? Trente, quarante? Ce qui me gêne, c’est la détresse de ces gens qui travaillent pour trois fois rien et le fait même d’accepter cette situation intolérable.
LCY : Faut-il les retirer de la forêt par la force si nécessaire?
NF : Nettoyer la forêt n’est pas la solution. Certes on ne les verra plus mais il faudrait plutôt aider ces femmes et ces hommes à quitter d’eux-mêmes les lieux et qu’ils trouvent du travail. Ne faisons plus de concession à l’esclavage de ces femmes ! Je suis partisane que les élus – qui ne semblent pas s’en préoccuper – votent une loi-cadre pour aider les femmes victimes de violences en général et de l’élargir à la prostitution. L’exploitation de ces femmes est insupportable, les asservir avec 20 euros la passe c’est lamentable. Et que gagnent-elles au final ?
Propos recueillis par M.S.

Fête des Loges : un piéton meurt percuté par une voiture

Depuis des années, nous réclamons l’interdiction du stationnement le long de la N184 pendant la Fête des Loges, en raison du caractère extrêmement dangereux de la cohabitation véhicules/piétons sur cet axe déjà le plus accidentogène des Yvelines (pour rappel, un jeune saint-germanois de 21 ans résidant au Bel-Air est mort le 17 juin 2008 lors d’une collision frontale avec un camion-grue).
Nous avons consacré en août 2007 à ce problème un article intitulé « Insécurité routière permanente aux abords de la Fête des Loges » pour dénoncer le stationnement anarchique pendant  la Fête et pour proposer des solutions alternatives. Les piétons traversent en effet n’importe où, parfois avec des poussettes, dans la plus totale obscurité la nuit, les voitures et camions arrivent très vite, des voitures font demi-tour en pleine voie car le conducteur a aperçu une place libre, etc… L’image ci-dessus montre bien le stationnement des véhicules le long de la N184 pendant la Fête des Loges (qu’on devine en haut à droite).
Nous demandions également la gratuité des parkings (d’un prix dissuassif de 4.50€ jusque-là) situés sur l’avenue des Loges, route beaucoup moins fréquentée. On nous a souvent répondu que cela coûterait trop cher, que ce n’était pas possible, etc…
Ces mesures ont été mises en place cette année par la municipalité.
Le Journal de Saint-Germain du 20 juin 2008 annonce que « par mesure de sécurité, le stationnement en bordure de la RN 184 à proximité de l’entrée principale de la Fête sera interdit compte tenu de sa dangerosité. Les automobilistes seront invités à se diriger vers les parkings ouverts de part et d’autre de l’avenue des Loges où le stationnement sera désormais gratuit« . Les parkings gratuits seront surveillés par des maitres chiens.

Hélas, au 2e jour de l’ouverture de la Fête des Loges, celle-ci est une nouvelle fois endeuillée. Après le dramatique accident du manège Booster l’année dernière, un jeune homme de 18 ans résidant à Carrières-sous-Poissy qui rentrait chez lui à pied de la Fête des Loges, a été fauché dans la nuit de vendredi à samedi vers 2h00 par un automobiliste. Percutée par l’arrière, la victime a été projetée à une soixantaine de mètres et est décédée sur le coup. L’automobiliste, qui s’est arrêté tout de suite, a indiqué aux policiers «ne pas avoir vu le piéton dans une zone faiblement éclairée».  Il a été placé en garde à vue au commissariat de Saint-Germain-en-Laye. (Source Le Parisien).

Les mesures de sécurité de bon sens mises en place cette année par la municipalité ne sont malheureusement pas du tout respectées par les visiteurs. Nous avons pu le constater nous-mêmes hier samedi en fin d’après-midi,  quelques heures après le drame, comme en attestent nos photos ci-contre. S’il y a bien des panneaux « arrêt interdit » tout le long de la N184, l’indication que le parking sur l’avenue des Loges est gratuit n’est hélas visible qu’au carrefour des Loges, pas en amont. Et aucun élément matériel (plot ou barrière) n’empêchede se garer le long de la N184. De même, aucun éclairage n’assure la sécurité des piétons.

Il semble indispensable de mobiliser la police municipale et la brigade de nuit pour faire respecter ces décisions municipales. Pour éviter de nouveaux drames.

A lire aussi :
Insécurité routière permanente aux abords de la Fête des Loges
Dramatique accident de manège à la Fête des Loges
Tous nos articles sur la N184
Photos de l’auteur

Accident mortel d’un Saint-Germanois sur la N184 en forêt de Saint-Germain

Le Parisien du 19 juin 2008

Un automobiliste tué sur la N184
La route la plus dangereuse du département a encore tué. Mardi soir, sur la N184 à hauteur de Saint-Germain-en-Laye, un homme de 21 ans, originaire de Saint-Germain-en-Laye, a trouvé la mort au volant de sa voiture. Vers 18 heures, quelques centaines de mètres après la Croix de Noailles, dans le sens Conflans – Saint-Germain, le jeune homme a perdu le contrôle de sa Volkswagen Polo. Son véhicule s’est déporté et a heurté un camion-grue arrivant en sens inverse. […] Le conducteur a été tué sur le coup. L’enquête n’a pas permis de comprendre pourquoi il a quitté sa voie de circulation. « On sait que la vitesse n’est pas en cause » précise une source proche de l’enquête.
[…] En janvier et juillet 2007, cette route avait été le théâtre de deux accidents mortels. Cette portion de route est considérée par les services de la sécurité comme accidentogène en raison d’un trafic important et de vitesses excessives relevées.
Deux radars automatiques ont d’ailleurs été posés. La Dirif (Direction interrégionale des routes d’Ile de France) précise qu’une série d’aménagements et de mesures de sécurisation sont en cours. « L »aménagement des quatre principaux carrefours de cet axe se termine, précise le chef du secteur. Le marquage au sol a été rafraichi et, en septembre, nous allons rénover la chaussée entre Eragny (Val d’Oise) et Conflans. »
Le maire de Saint-Germain estime que ces travaux de signalétique et de rénovation ne sont que du « cosmétique« .
« Il faut mettre en oeuvre de vrais travaux de mise en sécurité de cet axe. Il faudrait surtout réaliser des aménagements pour éviter l’augmentation du trafic« . Emmanuel Lamy a toujours plaidé en faveur du doublement de cet axe par l’A104. De l’autre côté du pont d’Achères, le maire de Conflans-Saint-Honorine, Philippe Esnol (PS), crie au complot de l’Etat contre sa ville. « Il y a une volonté de laisser pourrir la situation pour dire qu’il faut faire la A104, enrage l’édile. Combien faudra-t-il de morts pour qu’on fasse enfin de vrais travaux sur cette route. »


Dans quelques jours ouvrira la Fête des Loges, qui accroit considérablement chaque année les risques d’accident du fait des nombreux piétons qui marchent de nuit sur la route et d’un stationnement anarchique (lire notre article sur ce sujet). Les quelques petits aménagements réalisés récemment (annoncés depuis octobre 2007 sur notre blog) sont totalement insuffisants et ne garantissent absolument pas la sécurité sur cette route, la plus accidentogène du département.

Nos précédents articles sur la N184 :
N184 : pourquoi tous ces drames ?
N184 : bientôt des travaux d’urgence mais pas encore de réelle requalification
Insécurité routière permanente aux abords de la Fête des Loges
L’accident mortel de juillet 2007

Le radar de la N184 en forêt de Saint-Germain détruit par une charge d’explosifs

Une charge d’explosif a détruit un radar fixe installé sur la N184 en forêt dans les Yvelines, dans la nuit de samedi à dimanche 23 décembre. C’est vers 2h30 du matin que l’engin explosif a fait sauter le radar. Le bruit de la déflagration a été entendu par les policiers de la brigade anticriminalité de Conflans-Sainte-Honorine, en patrouille dans la zone, qui ont constaté la destruction de la machine.
Deuxième destruction

Ce radar, situé dans une zone isolée en bordure de forêt de Saint-Germain-en-Laye près de Conflans-Saint-Honorine, avait été la cible d’une première destruction, dans la nuit du 27 au 28 octobre. Des traces de poudre avaient été retrouvées près de la machine éventrée sous l’effet de l’explosion. L’enquête coordonnée par le parquet antiterroriste de Paris a débuté dimanche matin, à Saint-Germain-en-Laye, où six enquêteurs de la sous-direction antiterroriste (SDAT) relevaient les premiers indices sur le radar détruit.

« Fraction nationaliste armée révolutionnaire »

Aucune revendication n’a pour l’instant été encore formulée. L’explosion de cette nuit porte à huit les affaires de destruction ou tentatives de destruction de radars automatiques en région parisienne depuis le mois d’avril. Elles seraient l’oeuvre d’un groupe inconnu, la Fraction nationaliste armée révolutionnaire (FNAR) qui s’est dit à l’origine de ces actes. Ces actions ont été revendiquées dans deux courriers adressés en septembre et octobre au ministère de l’Intérieur dans lesquels la Fnar réclamait à l’Etat une rançon de plusieurs millions d’euros. Elle exigeait également un abaissement de la fiscalité et moins de répression. La dernière de cette série de destruction de radar avait été commise le 11 décembre, à l’aide d’un engin explosif artisanal à la mise à feu défaillante, au pied d’un radar de la Francilienne au niveau de la commune de Baillet-en-France (Val-d’Oise). L’action n’avait pas été revendiquée par la Fnar mais lui est attribuée par les enquêteurs.
Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/
Photo : FFMC78
A lire aussi nos précédents articles sur la N184

Nationale 184 : bientôt des travaux d’urgence mais pas encore de réelle requalification

La N184 entre Conflans et Saint-Germain est la route la plus dangereuse des Yvelines, voire d’Ile-de-France, chacun le sait et nous en avons parlé à de nombreuses reprises sur ce blog. Entre 2001 et 2006, on recense 104 accidents, 12 morts et 162 blessés. En 2007, il y a déjà eu 3 morts et 24 blessés (dont 5 graves).
Cette route est totalement laissée à l’abandon par l’Etat depuis des années, malgré les interventions fréquentes des élus. Marquage au sol quasiment effacé, éclairage en panne, carrefour mal dessinés, chaussée très dégradée, etc… l’entretien est inexistant.
Une réunion a eu lieu le 27 septembre entre le sous-préfet et les maires de Conflans et Saint-Germain, ainsi que le rapporte le Courrier des Yvelines du 3 octobre. Il en ressort que l’Etat a enfin décidé de procéder à des travaux d’urgence à la fin de l’année, en particulier sur le marquage au sol et sur le pont d’Achères, où des plots séparateurs seront installés. En 2008, des travaux de sécurité interviendront sur les carrefours et la chaussée.
Des études seront lancées en 2008 sur l’amélioration de la chaussée sur le pont de Conflans (aujourd’hui dans un état si dégradé que la vitesse y a été limitée à 70k/h !) et sur l’éclairage.
A plus long terme (2009-2010), d’autres études seront lancées pour un réaménagement complet de la N184 et une enquête d’utilité publique devrait avoir lieu.
Il ne s’agit donc que de mesures d’urgence consistant à rattraper l’énorme retard pris par l’Etat dans le simple entretien d’une route entièrement sous sa responsabilité… Les vrais travaux de requalification attendront encore et visiblement l’Etat n’a encore aucun réel projet de mise en sécurité de cette nationale.
Interrogé par le Courrier des Yvelines, le maire UMP de Saint-Germain a estimé qu’ « il s’agi[ssait] de bonnes mesures de sécurité, avec un effet d’immédiateté, mais qui ne régleront pas les problèmes de fond ».
Le maire PS de Conflans Philippe Esnol est beaucoup plus sévère et nous partageons totalement son avis : « on ne se donne pas les moyens de faire bouger les choses. Entre 2000 et 2006, alors que je suis intervenu à plusieurs reprises, rien n’a jamais été fait, même pas des travaux d’urgence. Or les financements étaient là […]. [Mais] les crédits ont été bloqués dans l’attente du tracé de l’A104 ».

Des crédits importants (près de 30 millions d’euros) avaient en effet été provisionnés depuis plusieurs années pour la mise en sécurité de cette nationale mais ils n’ont jamais été dépensés. Car, entre temps, le débat sur le prolongement de l’A104 entre Méry/Oise et Orgeval est intervenu. Et les élus de droite de la Région ont axé leur priorité sur l’arrivée de cette autoroute plutôt que sur les travaux de sécurisation de la nationale. Pour Philippe Esnol, « l’Etat a sciemment laissé pourrir la situation sur cette route pour que les usagers en aient ras-le-bol et contraignent les élus à céder sur le prolongement de l’A104. »
La défense du sous-préfet (« le débat sur la Francilienne a perturbé l’avancée du projet. […]. Aujourd’hui les choses sont claires. On reprend le dossier de la N184« ) n’est pas tenable. Car même si le prolongement de l’A104 devait voir le jour (nous y sommes clairement opposés), celui-ci n’interviendrait pas avant 2015-2020 ; avec ou sans A104, la mise en sécurité de la Nationale 104 est indispensable et extrêmement urgente. Et l’Etat doit assumer toutes ses responsablités dans ce domaine.

Sources : Le Courrier des Yvelines du 3 octobre

Sur ce sujet, lire aussi nos précédents articles :
Tous nos articles sur le dossier A104 et en particulier notre position
Insécurité routière permanente aux abords de la Fête des Loges  Nationale 184 : pourquoi tous ces drames ?
Nouvel accident mortel sur la N184 dans la forêt

lnsécurité routière permanente aux abords de la Fête des Loges

Chaque été, le même phénomène se produit durant la Fête des Loges dans la forêt de Saint-Germain.
Tous les soirs durant des heures, des centaines de badauds quittent ou rejoignent leur véhicule garé sur la N184, cette route très fréquentée, y compris par les poids lourds, et non éclairée, dont nous parlons régulièrement. Et on assiste à ce spectacle effarant de personnes marchant avec leurs enfants sur la route la plus dangereuse des Yvelines, parfois avec des poussettes, traversant la route hors des passages piétons dans la pénombre, de voitures « pilant » car ayant aperçu une place à la dernière seconde, d’autres faisant demi-tour en pleine voie, d’ouvertures de portes sans précaution, sans compter les piétons éméchés, etc etc…
Sur cette image ci-contre, qui montre la N184 en provenance de Conflans (la Fête des Loges se devine en haut à  droite), on aperçoit les voitures stationnées le long de la route. Cette file de voiture se prolonge sur plusieurs centaines de mètres de chaque côté de la route et bien au delà de la Fête.

Nous alertons depuis des années sur cette situation anarchique qui conduira un jour ou l’autre à un épouvantable drame estival.
Il n’y a pas de panneaux de limitation de vitesse avant le carrefour des Loges, que ce soit en provenance de Saint-Germain ou Conflans, mais bizarrement il y en a après… Et les panneaux qui mentionnent la Fête en amont sont situés sur le coté gauche de la route, quasi invisibles.

Quelques mesures de bon sens et peu coûteuses pourraient contribuer à limiter les risques:
– des panneaux très en amont limitant la vitesse à 70 km/h puis à 50 aux abords de la fête.
– des barrières métalliques ou des plots en plastiques empêchant de se garer le long de la N184.
– la présence sue ce carrefour de la police municipale et de la brigade de nuit (qui trouverait là une réelle utilité) pour canaliser les flots de piétons et leur faire respecter les consignes de sécurité.
– baisser le prix du parking payant qui est actuellement particulièrement dissuasif (4.50 euros!) et améliorer sa signalétique.

Chaque année jusqu’au 15 août, des centaines de vie sont mises quotidiennement en danger à cet endroit. Nous réclamons de vraies mesures de sécurité routière avant un nouveau drame sur la Nationale 184.

Nouvel accident mortel sur la N184 dans la forêt de Saint-Germain

Un nouvel accident mortel s’est produit hier sur la N184 à la hauteur de la gare Achères Grand-Cormier. Voici le récit de cet accident par le Parisien du 24 juillet. Les photos ont été prises par les pompiers des Yvelines.

(Sdis 78.)

 

Un homme de 73 ans a trouvé la mort lors d’une collision entre deux voitures hier vers 13 heures sur la N 184 à Saint-Germain-en-Laye. L’accident s’est produit à la hauteur de la gare d’Achères-Grand-Cormier. Selon les premières constatations, une Porsche est entrée en collision avec une Citroën tractant une caravane qui arrivait en sens inverse.
Les sapeurs-pompiers se rendent rapidement sur place. Au total, une trentaine de sauveteurs seront mobilisés. A leur arrivée, il n’y a hélas plus rien à faire pour le chauffeur de la Citroën. Il est mort sur le coup. « C’était un homme âgé, ajoute un pompier. Sa passagère, une femme âgée, a été grièvement blessée. » Le conducteur de la Porsche et son passager n’ont été que légèrement atteints. Les trois blessés ont été conduits à l’hôpital de Poissy/Saint-Germain-en-Laye pour y être soignés. Les enquêteurs du commissariat de Saint-Germain-en-Laye sont chargés de l’enquête. Mais pour l’instant, les responsabilités n’ont pas encore pu être établies, pas plus que les circonstances exactes du face-à-face.

« C’est l’axe le plus dangereux du département »

(Sdis 78.)

Cette portion de route, qui relie Cergy à Versailles, est extrêmement périlleuse. « En fait, c’est l’axe le plus dangereux du département, précise un policier. En nombre d’accidents, elle dépasse même la N 10. » Dernier accident en date le 15 juin dernier, un camion-benne avait défoncé la glissière centrale du pont de Conflans. Il s’en était fallu de peu pour qu’il ne bascule dans le vide après avoir heurté une voiture circulant en sens inverse. En janvier, un autre face-à-face avait fait un mort. Les élus des communes qu’elle traverse demandent aux services de l’Equipement, en charge de son entretien, d’y pratiquer des aménagements. Un plan doit voir le jour l’année prochaine.

La N184 n’est quasiment pas entretenue par la DDE : le marquage au sol est en permanence déficiant, l’éclairage souvent en panne et le goudron est particulièrement dégradé. La vitesse sur le pont de Conflans a d’ailleurs été récemment réduite à 70km/h car des trous sont en formation.

A cet état scandaleux s’ajoute une période particulièrement dangereuse, celle de la Fête des Loges jusqu’a la mi-août. Insuffisamment signalée, les automobilistes débouchent à grande vitesse à la hauteur du carrefour des Loges où des centaines de visiteurs, en particulier le soir; marchent sur la route dans le noir avec poussettes et enfants, totalement insouciants… A quand le prochain drame?

En février 2007, nous avions consacré un article sur ce blog (N184 : pourquoi tous ces drames?) à la situation dramatique de cette nationale, totalement délaissé par la DDE et les décideurs locaux, bien plus préoccupés par le prolongement de l’A104. Ce que nous disions en février est hélas toujours pleinement d’actualité.

A lire :
N184 : pourquoi tous ces drames?
Tous nos articles sur le prolongement de l’A104, qui ne règlera en rien les problèmes de sécurité de la N184.

Nationale 184 : pourquoi tous ces drames ?

Chaque année apporte son lot de tués sur la N 184. Deux en octobre 2006 et encore un autre accident mortel en janvier 2007. En moyenne 3 personnes sont tuées chaque année entre Saint-Germain et Conflans, auxquelles il faut ajouter les autres victimes ; pour chaque tué on déplore en moyenne 20 blessés hospitalisés.

Pourquoi un tel bilan sur 11 km de route rectiligne ?   

Chaque accident est unique, mais un schéma domine : un accrochage sur un côté de la voie, notamment au niveau des rétrécissements de 2 à 1 voie, projette un véhicule sur la voie de gauche. C’est le choc frontal, terrible entre deux véhicules roulant à 90 km/h et souvent plus.

 Les principaux facteurs sont liés au comportement des conducteurs : excès de vitesse, dépassement dangereux et non-respect des feux de signalisation. Mais ces facteurs comportementaux sont aggravés par une voirie rectiligne, non éclairée, mal entretenue et dépourvue de séparation des deux sens de circulation malgré les changements successifs de nombre de voies.  

Ces accidents répétés année après année sont avant tout des drames humains. Chaque accident détruit plusieurs vies, celle des tués mais aussi celle de leur famille.

Mais cette situation est aussi le reflet d’une profonde lacune dans la gestion des fonds publics. En effet, une analyse strictement économique montre que la sécurisation de cet axe est un investissement rentable à très court terme. Analysons ce problème sous cet angle économique. 

La solution pour réduire fortement le nombre de victimes consiste à séparer les sens de circulation par un muret de béton et remplacer les feux par des ronds-points. Le coût de ces aménagements de sécurité est de 10 millions d’euros environ. En effet, chacun des trois ronds-points coûte environ 2 millions €, et un kilomètre de séparation de voies revient à 330 000 €. Soit un total de 9,63 millions €. Pourtant un projet de 30 millions € a bien été planifié il y a quelques années. Il allait au-delà des aménagements précédents, et, peut être à cause de son ambition excessive, il n’est jamais sorti des cartons. 

Les budgets précédents peuvent être comparés à trois autres coûts : 

– 11 millions €, c’est le coût annuel pour la Société des victimes corporelles sur la N 184. En effet les analyses de sécurité routière évaluent un tué à 1 190 000 € et un blessé à 129 000 €. Le budget de 10 millions € est donc « rentabilisé » par la réduction du nombre de victimes en quelques années seulement. 

– 15 millions €, c’est le coût de l’échangeur A14 – N13 qui va être réalisé prochainement à Chambourcy.

– 15 millions €, c’est moins de 1% du coût du prolongement futur de l’A104 entre Cergy et Orgeval ! 

Ces dernières années, la priorité a été donnée par les décideurs politiques de Saint-Germain et des Yvelines aux projets d’augmentation de trafic plutôt qu’aux aménagements de sécurité. Certes, la responsabilité de ces décisions est diluée entre les diverses collectivités locales et l’Etat. Mais le résultat est là : réduire les bouchons sur la N 13 a eu priorité sur la sécurisation de la N 184. Nos élus de droite – maires, député, conseillers généraux – ont mis tout leur poids pour augmenter le trafic sur la N 13. Et ils n’ont rien fait pour la N 184. Cette stratégie est certainement rentable électoralement. Mais humainement ces choix sont cyniques. Economiquement ils sont le reflet d’une mauvaise gestion des investissements publics. 

Les paroles de compassion que nous avons entendu après le dernier accident sont choquantes : avoir soutenu l’ouverture de l’échangeur de l’A14 à Chambourcy avec autant d’énergie sans rien faire pour la N 184, c’était aussi accepter ces accidents mortels sur la N 184.  

Cette hécatombe doit cesser.