Saint-Germain-en-Laye : double sens cyclable et propagande municipale

doublesensDans ces derniers numéros, le « Journal » de Saint-Germain (le bulletin de communication du maire et de sa majorité) en font un maximum sur la bicyclette à Saint-Germain :

Une du journal du 18 mars 2016 (n°684) : « Tous en selle ! »
Article dans le n°681 : « Oui au double sens cyclable »
Quoi de plus naturel : les circulations douces, piétons et cyclistes, s’accompagnent de très peu de nuisances. Pas de pollution de l’air, pas de bruit, peu de risque pour soi et encore moins pour autrui. Ces modes de déplacement sont également bons pour la santé et accessibles à toutes les bourses.

Cependant, l’attitude de la majorité municipale a été pendant des années ambivalente sur le vélo : la communication est enthousiaste depuis des années mais les actes sont plus rétifs, bien qu’en évolution positive.

Cet article déchiffre les décisions rocambolesques de l’actuelle majorité et apporte quelques compléments à la gazette du maire Emmanuel Lamy (LR).

Le point de départ de cette réflexion, c’est l’article du journal n°681, qui proclame en page 4 : « Oui au double sens cyclable », alors qu’il annonce un arrêté municipal d’interdiction du double sens cyclable !

JSG-681_p4Cette interdiction concerne 15 rues, notamment les principales rues concernées, à sens unique et limitées à 30 km/h :

JSG-681_p4_interdictionLe double sens cyclable (DSC) : de quoi s’agit-il ?
Le double sens cyclable (et non « contre-sens » comme utilisé dans l’article) consiste en la possibilité donnée aux cyclistes de circuler dans les deux sens de circulation dans une voie qui est à sens unique pour les autres véhicules, y compris les deux roues motorisés. Ce choix d’urbanisme vise à favoriser les déplacements cyclistes, non polluants et silencieux. Il permet souvent aux cyclistes d’éviter les grands axes qui leur sont hostiles à cause de la pollution et des dépassements dangereux (à moins de 1 m du cycliste en agglomération). Une large proportion de véhicules dépassent en effet les cyclistes en leur laissant moins de 1m, ce qui induit un sentiment (fondé) d’insécurité, voire un appel d’air déstabilisant avec la vitesse. C’est le cas par exemple à Saint-Germain pour plus de 50% des dépassements rue de la République et rue d’Alsace, pour ne citer que ces deux exemples parmi de nombreux autres.

Risqué ?
Le DSC semble, surtout à ceux qui se déplacent peu à vélo, risqué. En effet les DSC ne sont pas tenus d’occuper le même espace qu’une piste cyclable, soit 1,50 m de large pour un sens de circulation. Le principe du DSC, c’est que le cycliste et l’automobiliste qui se croisent se voient mutuellement et vont gérer leur croisement par un ralentissement conjoint. Le risque de collision et sa gravité sont très réduits par cette visibilité mutuelle et la maitrise de leur vitesse par les deux conducteurs. Ces deux points sont les conditions d’un DSC réussi : il s’applique d’autant mieux que la voie est rectiligne (bonne visibilité) et plate (faible vitesse du cycliste).

Les villes qui ont mis en œuvre les DSC de manière volontariste (Strasbourg puis de nombreuses villes, comme Colombes, Grenoble, Lille, Nantes, Paris et Rennes) en implantent dans plus de 80% des voies à sens unique.

Adoption progressive du DSC en France
Les DSC ont été implantés de manière pilote avant l’an 2000. Ils se sont généralisés dans les zones 30 à partir du décret de juillet 2008 qui fait du double sens cyclable la règle en zone 30. Dans toutes les villes qui n’ont pas pris d’arrêté qui l’interdit, les voies à sens unique en zone 30 sont ouvertes dans les deux sens aux cyclistes.

Retour en arrière à Saint-Germain : suppression discrète d’une zone 30 !
Que croyez-vous qu’il se soit passé à Saint-Germain ? Le maire allait-il, comme ça a été le cas ailleurs, accompagner ce changement de règle en informant les piétons et les conducteurs de tous véhicules que les rues à sens unique du quartier ancien allaient être empruntées dans les deux sens par les cyclistes ?

Non. Dans la plus grande discrétion la zone 30 qui existait entre le château et la place du marché a été supprimée et remplacée par un entrelacs de rues limitées à 30 km/h !

C’est à peine croyable, car les élu-e-s d’opposition de l’époque auraient protesté, mais ce n’est que plusieurs années plus tard que nous avons découvert la disparition de cette zone 30, dont il faut préciser qu’elle était discrète : pas d’affichage visible d’entrée ou de sortie de zone 30, juste des panneaux de limitation de vitesse.

En consultant les archives des procès-verbaux du conseil municipal on retrouve la preuve de son existence :

séance du 13 novembre 2003 : demande de subvention à la région pour la création de la zone 30

Subvention-RВgion-2003Notez la transformation « définitive » de ce secteur en zone 30…

Cette zone 30 a bien été créée car elle est mentionnée en 2006 (place du marché) puis à nouveau le 10 juillet 2008 (place du château) :

Zone-30-derniКre-mention-2008Puis rien pendant plusieurs années et on retrouve la zone 30 dans le budget prévisionnel de 2013 :

Zone-30-retour-2013On pourrait peut-être demander une autre subvention ? Rassurez-vous rien n’a été fait depuis…

Donc entre mi-2008 et fin 2012, la zone 30 a été supprimée sans mention en conseil municipal. Visiblement, l’équipe municipale ne voulait pas de ces cyclistes qui circulent un peu partout dans le secteur sauvegardé : cela aurait gêné les automobilistes.

Deux visions de la ville : priorité aux voitures ou aux circulations douces
Car c’est là le fond de la question dans un quartier globalement plat où le risque des double-sens cyclables est limité. Il faut choisir entre deux modèles d’urbanisme : celui qui donne la priorité à l’automobile, en vigueur depuis une cinquantaine d’année, ou celui qui redonne une place plus grande aux piétons et aux cyclistes.

Regardez votre rue et demandez-vous comment l’espace est réparti entre circulations douces et motorisées : quelle largeur est occupée par la chaussée et le stationnement automobile d’une part et quelle largeur est occupée par les trottoirs et les pistes cyclables ? La répartition est très variable, mais dans la plupart des voies on trouve un partage à 75% pour la voiture et à 25% pour les moyens de transport silencieux et non polluants. Est-ce la bonne proportion, en particulier dans le secteur sauvegardé ?

Nous pensons que non. A part les rues en pente, peu nombreuses à 30 km/h, nous recommandons que l’arrêté de 2015, qui autorise le double-sens cyclable, s’applique. Et donc que l’arrêté municipal d’interdiction des double-sens cyclables qui est entré en vigueur le 1er février 2016 soit revu à la baisse. Au lieu d’une interdiction du DSC dans 15 rues, nous pensons qu’il pourrait être limité à trois : rue du Val Joyeux, rue du Chemin Vert et rue Wauthier (le DSC est autorisé rue Wauthier, à notre avis à tort).

Eté à Saint-Germain-en-Laye : les bons et les mauvais points

La bibliothèque enfin ouverte tout l’été !

SAMSUNGBonne surprise cet été à Saint-Germain-en-Laye : il n’y a pas eu de fermeture estivale de la bibliothèque multimédia. Malgré des horaires d’ouverture encore insuffisants (2 jours par semaine), c’est une avancée dont nous nous félicitons, d’autant plus que nous la demandons depuis 15 ans…

C’est justement l’été que ce type d’équipement culturel et de loisirs doit être largement accessible. Notons aussi que l’installation d’un coin lecture dans le Jardin des Arts, déclinaison locale de l’événement « Lire en short », a remporté un vif succès.

Dans la catégorie des bons points, saluons également les efforts de la RATP, qui par une campagne d’information très en amont et un dispositif d’accompagnement efficace, a su minimiser les désagréments liés à la fermeture totale du RER A entre la Défense et Auber du 25 juillet au 23 août.

SAMSUNGPoint noir en revanche : le manque d’entretien du parking vélo de la gare RER.

L’absence de toilettes publiques gratuites (dans la gare, comme ailleurs dans la ville) aggrave la situation, transformant l’escalier d’accès en lieu d’aisance. Des nuisances d’autant plus regrettables que le parking est utilisé régulièrement par de nombreux saint-germanois et que l’usage du vélo, comme celui de tous les moyens de circulation douce et non polluants, doit être encouragé dans notre ville.

Véloroute Paris – Londres : aucun fléchage de Maisons-Laffitte à Conflans !

Le 23 juin dernier était inaugurée la véloroute Paris-Londres, qui passe à Maisons-Laffitte, puis dans la forêt de Saint-Germain avant de rejoindre Conflans. Rien que sur notre commune, la délibération votée en conseil municipal le 17 novembre 2011 comportait quatre sections, en fonction de leurs propriétaires respectifs (Etat, SIAAP, ONF, Conseil Général, ville de Paris) :

  • 1ère section : 2,4 km de forêt
  • 2ème section : 1,6 km le long du mur de l’étang du Corra. Les travaux portent sur le percement du mur et la création d’une piste cyclable avec mise en place d’une clôture et de portillons.
  • 3ème section : 250 mètres de raccordement, franchissement d’un carrefour
  • 4ème section : 170 mètres le long de la route centrale. Les travaux visent la création d’une piste cyclable après franchissement de la route centrale et le raccordement à la cité de la Garenne.

Au total, le coût de ces travaux est de 420 000 €, dont 53 000 € à la charge de la ville de Saint-Germain (maître d’ouvrage des sections 1 et 2). 

Qu’en est-il sur place ?

Nous avons fait dimanche 16 septembre 2012 le parcours du pont de Sartrouville à Conflans-Sainte-Honorine. 

Départ du pont de Sartrouville à Maisons-Laffitte. Aucun fléchage n’indique le chemin à prendre dans Maisons-Laffitte. Rien sur le plan de ville qui figure au carrefour. Les quelques passants interrogés ne sont pas au courant non plus. Contrairement aux communes qui précèdent (Sartrouville, Le Pecq), la traversée de Maisons-Laffitte est à 0% en voie verte ou cyclable. Qu’à cela ne tienne, rejoignons au jugé l’avenue Albine, qui est sur le parcours (détail à ce lien). 

C’est une avenue agréable, à part la circulation automobile. Photo_01_Maisons-Laffitte_avenue_Albine.jpg

Au bout de cette avenue, bifurquer à droite vers la porte qui mène à la forêt. Photo_02_Maisons-Laffitte_porte.jpgLà non plus, aucune indication.

On arrive sur la route forestière des Papillons, en voie partagée. Après 500 m on arrive à un parking. Il faut alors bifurquer en diagonale à droite dans la forêt. Un panneau serait également le bienvenu à cet endroit. Faute de panneau nous sommes rentrés dans la forêt au carrefour suivant et sommes passés près du pavillon de la Muette.Photo_03_StG_Pavillon_de_la_Muette.jpg

Suit un parcours au jugé vers le nord-ouest, sans problème quand on est familier de la forêt. Mais pour le voyageur de Paris à Londres, comment s’orienter, par exemple à l’une de ces intersections où plusieurs chemins sont possibles ? 

Photo_04_quel_chemin_choisir.jpgDans ce secteur, tous les chemins mènent à l’étang du Corra. Photo_05_StG_Etang_du_Corra.jpg

On ne le sait pas encore, mais on s’est égaré ! Sachant que le mur qui borde l’étang a été percé, nous avons contourné l’étang par le nord en longeant le mur. Mais aucune ouverture en vue. On arrive finalement à un petit raidillon qui donne sur la N184, où nous retrouvons d’autres cyclistes.

Photo_06_StG_Raidillon.jpgQuelques mètres plus loin, nous apercevons l’extrémité de la fameuse piste cyclable financée en partie par la Ville de Saint-Germain.

Photo_07_Piste_cyclable_le_long_du_Corra.jpgHeureusement nous n’allons pas à Londres et la prendrons au retour. Nous suivons une courte piste cyclablePhoto_07bis_piste_cyclable.jpget arrivons devant la cité de la Garenne. Peut-on y pénétrer contrairement aux indications ? Un panneau aurait été préférable à cette voie sans issue « sauf aux riverains » !Photo_08_Cite_de_la_Garenne.jpg Toujours à la boussole, on sort de la cité vers le nord-ouest.Photo_09_Sortie_Cite.jpg Aucune indication, mais un cycliste nous renseigne : il faut prendre à gauche, puis à droite et chercher une passerelle jaune et rouge. Les abords manquent ici de charme, mais la voici qui apparait en contrebas de la nationale 184.Photo_10_passerelle_Conflans.jpg La traversée est sympathique, avec une jolie vue sur la Seine et Conflans.Photo_11_La_Seine.jpg

Finalement, de Maisons-Laffitte à Conflans, nous n’avons vu aucun panneau et n’avons emprunté aucune réalisation de voirie récente !

Au retour, pas non plus de panneau de la véloroute depuis Conflans.Photo_12_pas_de_panneau_depuis_Conflans_non_plus.jpg Nous retraversons la Cité de la Garenne par le même chemin – dans ce sens également il serait bien difficile à trouver pour un touriste – et prenons la piste cyclable qui longe le mur. Nous arrivons enfin à l’endroit où le mur a été percé !Photo_13_les_travaux_de_2012.jpg Une fois revenu sur le chemin qui mène à l’étang du Corra, on voit où il aurait fallu tourner à droite.Photo_14_tourner_a_droite.jpg Bien malin qui peut le deviner ! Un panneau s’impose à cet endroit aussi, sinon seuls les voyageurs qui viendront de Londres (et ne se seront pas perdus avant) l’utiliseront…

Au total, il reste beaucoup à faire, en commençant par mettre des panneaux aux endroits-clés, dans les deux sens de circulation. Ce serait bien aussi que la ville de Maisons-Laffitte crée des voies cyclables. L’espace ne manque pas, mais il est vrai que le maire est plus connu pour sa défense des automobilistes en infraction que pour son amour de la petite reine (voir notre tribune)…

Un grand parking vélo à Saint-Germain-en-Laye mais des bandes cyclables toujours dangereuses

parkingveloSGEL.JPGUn parking vélo de 300 places a ouvert ses portes hier à la gare RER de Saint-Germain-en-Laye.

Ne boudons pas notre plaisir : même si on est encore loin de la gare de Houilles-Carrières (600 places), nous avons depuis des années demandé que la capacité d’accueil soit augmentée à Saint-Germain.

Il y a 10 ans, il n’y avait que 20 places de stationnement pour vélo au RER. Abritées et pratiques, elles attiraient au moins le double de vélos. Puis 20 places non abritées furent ajoutées. Le nombre de vélos étaient encore très supérieur, comme la vidéo filmée début 2008 le prouve.

Avec les travaux sur la place du château, un parking « temporaire » de 140 places environ a été disposé le long des grilles du parc, avec simultanément l’interdiction de stationner un vélo sur le reste de la place. Au bout de quelques mois cette capacité s’est avérée insuffisante et le nombre d’emplacements est monté à 170. Ces derniers jours le nombre de vélos était même supérieur.

Le principal inconvénient du parking temporaire résidait dans le fait qu’il était non abrité. Les normes d’urbanisme actuelles recommandent des emplacements abrités pour les lieux de travail, d’étude ainsi que les gares (et non abrités pour les commerces et autres haltes de courte durée).

Le nouveau parking est gratuit, conformément au souhait de l’association « Réseau Vélo 78 », qui a suivi ce dossier depuis plusieurs années. Le projet initial de la mairie comportait un abonnement. Nous avons décidé de soutenir la demande de gratuité de cette association, malgré le risque de voir des habitants du centre historique trouver là un parking permanent. En effet, il est clair que cet usage n’est pas celui qui est proposé au public. Des modalités ont d’ailleurs été prévues pour retirer les vélos « ventouses ».

Il reste cependant beaucoup à faire pour permettre aux Saint-Germanois de se déplacer à vélo autant qu’ils le voudraient. En effet, notre diagnostic de début de mandat (voir le premier de quatre articles) a montré que le réseau de bandes cyclables de Saint-Germain était, et reste encore, dangereux : toutes les bandes étaient en 2008 plus étroites que la norme, ce qui conduit les cyclistes et autres usagers à se frôler dangereusement. La majorité municipale a exprimé son désaccord avec certaines de nos mesures, mais a refusé de faire un relevé de mesures contradictoire…

Certes, quelques bandes ont été élargies conformément à la norme, comme rue du Maréchal Lyautey ou rue d’Ourches. Mais d’autres ont été refaites à peine plus larges, comme celle de la rue des Bûcherons, passée de 90 cm à 1,10 m au lieu de 1,50 m. Parmi les cinq cas pointés comme les plus dangereux en 2008, et rappelés à plusieurs reprises en conseil municipal, quatre restent en l’état.

Le cas de la rue Léon Désoyer, en face du centre administratif et de la police municipale, est le plus dramatique : un an et demi après que nous ayons averti la majorité municipale des risques encourus par les usagers, un accident grave s’est produit le 22 juin 2010. Une cycliste a été happée par les roues d’un poids lourd et est restée près de 3 mois hospitalisée. Pensez-vous que la majorité municipale aurait modifié la bande après cet accident ? Hélas non, et les usagers continuent d’y courir un risque.

Nous maintenons notre avertissement : faute de revoir rapidement les bandes cyclables des rues Ampère, Léon Désoyer, des Bûcherons, de Lorraine et des Ursulines (dans la partie finale), on se dirige vers un autre accident grave.

Pour notre liste, l’usage du vélo n’est pas essentiellement récréatif, mais c’est un moyen de transport de proximité. Il n’offre que des avantages : peu cher à l’achat comme à entretenir, rapide en ville, non polluant (air et bruit), peu encombrant, peu risqué pour les autres usagers et bon pour la santé de ceux qui le pratiquent. En cette période d’énergie chère et de budget serré, la bicyclette est une bonne solution de déplacement de proximité, certes pas pour l’ensemble de la population, mais pour un très grand nombre, de 7 à 77 ans … au moins !

A lire également sur notre blog :

Bandes cyclables rue des Bûcherons : les cyclistes sont en danger (01/2011)

Des bandes cyclables progressivement mises aux normes de sécurité à Saint-Germain (09/2010)

Dramatique accident rue Léon Desoyer : une cycliste grièvement blessée (07/2010)

Combien faut-il de places au parking vélos du RER de Saint-Germain? (06/2010)

Projets de pistes cyclables à Saint-Germain : encore des progrès à faire (03/2010)

Saint-Germain à vélo (1) : attention bandes cyclables dangereuses ! (09/2008)

Stationnement anarchique des deux-roues aux abords du RER à Saint-Germain (06/2008)

Tous nos articles sur la politique Vélo à Saint-Germain

Bande cyclable rue des Bûcherons : les cyclistes sont en danger

Au conseil municipal du 17 décembre 2010 nous avons posé une question au sujet des aménagements cyclables. En effet, depuis 2008 nous attirons l’attention des élus majoritaires sur le respect des normes de sécurités des aménagements cyclables, notamment lorsque des cyclistes ne sont séparés des autres véhicules que par une bande de peinture. Cet aménagement est appelé « bande cyclable » dans la nomenclature technique, qu’il faut bien distinguer des « pistes cyclables« , qui sont elles en site propre, donc moins risquées.

Notre diagnostic de début de mandat avait montré que les bandes cyclables peintes dans la ville avant 2008 avaient toutes été mal exécutées : en particulier leur largeur était systématiquement inférieure à la norme définie par le Certu, centre d’études national. La largeur standard est de 1,50 mètre, afin de permettre aux automobilistes de respecter la distance de sécurité de 1 mètre fixée par le code de la route. Une tolérance existe qui permet de réduire la largeur à cause d’obstacles « ponctuels ». Ces normes définies par le Certu ne sont pas contraignantes comme des lois, mais elles fixent les bonnes pratiques. Elles sont connues de tous les aménageurs urbains.

Depuis 2008, au conseil municipal comme dans le Comité vélo, nous défendons la pratique du vélo, mais en toute sécurité. Faire des aménagements cyclables et inciter les Saint-Germanois à utiliser plus ce moyen de transport, c’est bien, mais la sécurité des usagers doit primer sur la communication en faveur de l’environnement.

Sur plusieurs projets, nos appels au respect des normes ont été entendus. Les pistes cyclables bi-directionnelles réalisées en 2009 et 2010 ont une largeur de 2,50 m, comme recommandé par le Certu. Parmi les bandes cyclables repeintes cette année, l’une est aux normes (rue d’Ourches, voir notre article), l’autre non.

 Quant à la bande cyclable de la rue des Bûcherons, la voici décrite en trois photos :

* Avant la pose du nouveau revêtement, début septembre 2010, une mesure semblait indiquer une largeur de 1,20 m, au lieu de la largeur précédente de 0,90 m (photo 1).

 

* Après la pose de l’asphalte et la nouvelle peinture, la largeur est de 1,10 m (photo 2).

* Quelques mois plus tard l’état général de ces travaux est très dégradé. Il faudra

bien revenir sur cette infrastructure (photo 3).

 

C’est pourquoi nous avons posé au conseil municipal de décembre une question sur cette bande qui, selon nous, n’a pas été réalisée correctement.

L’enregistrement a légèrement tronqué la première phrase. Ainsi il faut lire initialement : « Au conseil municipal du 11 février 2010 vous déclariez à propos du réseau vélo et des normes de sécurité  «Nous souhaitons que, comme vous, le réseau soit le plus efficace possible et le plus sûr possible… » ».

Pour visionner la vidéo, cliquez sur l’image ou sur ce lien.

Dans sa réponse, le maire de Saint-Germain commet deux erreurs et fait un choix important.

La première erreur, c’est de déclarer « Le Certu […] n’a aucune mission normative« , alors que le décret fondateur du Certu, mise en avant sur le site du Certu, définit ainsi sa mission : « Dans son champ d’activités, il contribue à l’élaboration de la normalisation et de la réglementation technique ainsi qu’à la mise en œuvre des autres actions de l’État« . Le Certu a donc clairement vocation à définir des normes. Une simple consultation de quelques recommandations confirme le caractère normatif de ses publications. Soulignons que cet établissement est sous la tutelle de l’Etat : nous n’utilisons pas ici une référence associative engagée à Gauche.

Ensuite, M. Lamy considère qu’il n’est pas possible de rogner les trottoirs pour élargir la bande cyclable. Pourtant la largeur des trottoirs est de 1,90 à 2,40 m d’un côté et 1,70 m de l’autre, à comparer avec des recommandations de 1,40 m. Il y a donc bien la place de faire cohabiter sans difficultés voitures, vélos et piétons.

Or, il y a au moins deux solutions pour réduire les risques dans cette voie:

– Une première solution consiste à supprimer la bande cyclable. De cette manière les automobilistes ne pourront plus doubler les cyclistes. Ce n’est pas gênant vu la longueur très réduite de cette voie, seulement 140 m. Cette solution a un coût très faible et des conséquences minimes pour les riverains et les autres usagers.

– Si le maire tient à maintenir la voie cyclable, il suffit de rogner 40 cm au trottoir qui est le long de la voie, qui resterait plus large que 1,40 m (il aurait même 2 m de large sur la moitié de la voie). Cette solution présente cependant un coût un peu plus élevé.

Le maire de Saint-Germain avait donc deux solutions acceptables pour résoudre le problème que nous lui soumettions. Il les a écartées et a choisi d’ignorer le risque identifié en 2008, rappelé en février 2010 et à nouveau signalé par cette question. Autant nous comprenons qu’un maire ne puisse pas du jour au lendemain mettre toutes les infrastructures aux normes, autant nous n’acceptons pas que l’on ne respecte pas les normes pour les travaux nouveaux, quand leur importance a été bien rappelée par des élus, et qu’un accident récent rappelle que le risque n’est pas un concept théorique.

 

Par cette décision mûrement réfléchie qui fait suite à nos mises en garde répétées et argumentées, le maire de Saint-Germain met en danger la vie des usagers. En cas d’accident la victime ne pourrait-elle pas considérer que le maire « n’a pas accompli les diligences normales compte tenu, le cas échéant, de la nature de ses missions ou de ses fonctions, de ses compétences ainsi que du pouvoir et des moyens dont il disposait« , pour reprendre les termes de l’article 121-3 du code pénal ?

 

Précedemment sur notre blog :

Saint-Germain à vélo (1) : Attention, bandes cyclables dangereuses (09/2008) 

Saint-Germain à vélo (2) : le stationnement (11/2008) 

Saint-Germain à vélo (3) : les liaisons intercommunales (08/2009)
Saint-Germain à vélo (4) : la desserte des collèges et des lycées (08/2009)

Projets de pistes cyclables à Saint-Germain : encore des progrès à faire (03/2010)

L’accident du 22 juin 2010 (07/2010)

Notre dossier Vélo

Des bandes cyclables progressivement mises aux normes de sécurité à Saint-Germain

Une Saint-Germanoise, Mme G., nous a signalé que la bande cyclable de la rue d’Ourches n’avait pas été repeinte à l’identique. Nous sommes allés voir fin juillet et effectivement elle avait été repeinte plus large qu’avant les travaux (voir photo).

Petit à petit les bandes cyclables que nous avions signalées comme trop étroites et donc dangereuses sont revues et corrigées par la ville. Cette bande figurait dans notre diagnostic de 2008 comme ayant une largeur de 1,15 m, au lieu de 1,50 m comme c’est la norme. Nous regrettons par contre que la municipalité n’ait pas jugé utile de profiter de ces travaux pour changer les trois bouches d’égout au relief très prononcé que nous avions également signalées dans notre diagnostic. Les cyclistes continueront certainement à sortir de la bande cyclable à cet endroit.
Parmi les 5 bandes cyclables les plus hors-norme, on compte celle de la rue des Bûcherons, où des travaux ont également eu lieu cet été. Nous espérons que cette bande sera également mise aux normes ou supprimée (car une bande trop étroite est plus dangereuse que l’absence de bande cyclable).
Les autres points noirs signalés en 2008 et qui demeurent inchangés sont : rue Ampère, rue de Lorraine, rue Désoyer entre l’avenue Carnot et la rue d’Alger et rue des Ursulines après l’avenue du Belvédère.

Le Courrier des Yvelines s’est fait l’écho de ce diagnostic mitigé dans un long article paru cet été intitulé « Bandes cyclables : Saint-Ger peut mieux faire! » et donne la parole à Emmanuel Fruchard, conseiller municipal PS, auteur de cette étude (voir également les liens ci-dessous).

Téléchargez cet article du Courrier des Yvelines (pdf, 710Ko) ou cliquez sur l’image.

 

A lire précédemment sur notre blog :

Saint-Germain à vélo (1) : attention, bandes cyclables dangereuses ! (09/2008)

Saint-Germain à vélo (2) : Stationnement : peut mieux faire, surtout au RER (11/2008)

Saint-Germain à vélo (3) : les liaisons intercommunales (08/2009)

Saint-Germain à vélo (4) : la desserte des collèges et des lycées (08/2009)

Tous nos articles sur la politique Vélo à Saint-Germain

Combien de vols de bicyclettes à la gare RER de Saint-Germain ?

Combien de vélos sont-ils volés chaque année au parking du RER de Saint-Germain ? Les échos qui nous parviennent, comme les photos que nous avons pu prendre le 22 juillet, tendent à prouver que les vols y sont nombreux, et, pour l’énorme majorité, impunis.
Avec une fréquentation en baisse pour cause de vacances, on observe en effet plusieurs restes de cadenas, ainsi que quelques vélos à moitié ‘canibalisés’ ou détériorés.
Des Saint-Germanois à qui l’expérience est arrivée nous avouent ne pas avoir déposé plainte, soit pour ne pas perdre inutilement leur temps, soit parce qu’on leur a demandé une facture pour pouvoir déposer plainte. Sans facture, ni plainte ni recours à son assurance. Comme la police est en partie jugée sur le taux d’élucidation et que ces vols sont rarement élucidés, tout est bon pour décourager les victimes de déposer plainte. 
Les choses ont-elles vraiment changé dans ce domaine après huit ans de Sarkozy comme ministre de l’Intérieur, puis au sommet de l’État ?
La vidéosurveillance a-t-elle réduit le nombre de vols ?
Nous en doutons fort.

 

A lire également sur notre blog :

Tous nos articles sur la politique vélo à Saint-Germain

Des caméras de vidéosurveillance au Bel-Air : est-ce la priorité du quartier ? (10/2008)

Les huit nouvelles caméras de surveillance à Saint-Germain coûteront 300.000 euros (08/2008)

Tribune libre du Journal de Saint-Germain : Double sens cycliste en Zone 30

Retrouvez ci-dessous la dernière tribune libre du groupe Saint-Germain Solidaire paru dans le Journal de Saint-Germain du 9 juillet 2010.


Double sens cycliste en zone 30

 

C’est tout récent : depuis le 1er juillet 2010 le double sens cycliste est la norme en zone 30. C’est-à-dire que si une voie est à sens unique, les cyclistes ont le droit de l’emprunter dans les deux sens, sauf décision spécifique pour l´interdire. Ce changement, dont le principe a été voté en 2008 dans le cadre de la définition du « code de la rue », vise à favoriser l’usage de la bicyclette dans les cœurs de ville. Les communes avaient deux ans pour se préparer à cette évolution.

A Saint-Germain nous avons principalement deux zones 30 : une dans le centre historique et l’autre près de la sous-préfecture. Seule la zone 30 du centre comporte beaucoup de rues à sens de circulation unique.

Depuis plusieurs mois, au sein du comité vélo, nous demandons qu’une réflexion soit menée pour permettre que cette évolution soit mise en œuvre en toute sécurité et dans la concertation. Malheureusement ce sujet n’a pas été mis à l’ordre du jour du comité.

Nous souhaitons que l’esprit de cette loi ne soit pas dénaturé à Saint-Germain par le maintien du statu quo, toujours possible par arrêté municipal. Oui, il y a des rues où il est possible de circuler dans les deux sens, soit parce qu’on peut ménager un espace pour une voie cyclable (1,50 m), soit, et c’est le cas le plus courant, parce que le trafic est faible (rues de la Procession, des Écuyers, des Joueries, Gaucher, Ducastel, par exemple).

Comme l’a bien résumé un représentant du comité Vélo : « Espérons que notre ville ne ratera pas ce rendez-vous historique en faveur des circulations douces. »

Que vous partiez en vacances ou restiez à Saint-Germain, nous vous souhaitons un bon été à tous.

 

Pour en savoir plus sur le vélo à Saint-Germain :

http://ps.saintgermain.over-blog.org/categorie-10575250.html

Dramatique collision rue Désoyer : une cycliste grièvement blessée

Une cycliste, habitante du quartier Bel-Air, a été grièvement blessée aux jambes lors d’une collision avec un poids lourd rue Léon Désoyer (juste en face de la police municipale) il y a quelques jours.

Selon le Courrier des Yvelines du 30 juin 2010 (cliquez sur l’article ci-joint pour l’agrandir ou téléchargez l’article en pdf – 3Mo), l’enquête est en cours, mais selon les premières informations il n’y aurait pas d’infraction manifeste (feu rouge, alcool ou autre drogue).

La cycliste circulait sur une bande cyclable – ou en sortait juste – que nous avions mentionnée dans notre étude réalisée en 2008 sur les pistes et bandes cyclables de Saint-Germain-en-Laye.

 

Pour plus d’informations :

Dernier débat sur ce thème en conseil municipal (février 2010)

Notre diagnostic sur les bandes et pistes cyclables de Saint-Germain (2008-2009)

Saint-Germain à vélo (1) : attention, bandes cyclables dangereuses ! (09/2008)

Notre dossier vélo

Combien faut-il de places au parking vélos du RER de Saint-Germain?

Lors du conseil municipal du 27 mai, bien que la délibération ne concerne que le mode de gestion du futur parking pour bicyclettes et deux roues motorisés à la gare RER de Saint-Germain, Emmanuel Fruchard, conseiller municipal PS, a signalé la saturation du parking temporaire pour vélos (de 140 places environ) organisé pendant les travaux. (cf photo ci-contre)

Le dimensionnement du futur parking à 150 vélos est donc tout juste suffisant pour accueillir la demande actuelle, dont on sait qu’elle est en augmentation.

Le maire lui a donné raison et a annoncé qu’une réflexion est en cours pour aller peut être jusqu’à 200 emplacements.

Voici ci-dessous en vidéo (58 sec) l’intervention d’Emmanuel Fruchard suivi de la réponse du maire de Saint-Germain : 

A titre de comparaison nous sommes allés à Houilles – Carrières, gare RER dont le stationnement cycliste a été dimensionné à 600 vélos. Et nos photos (prises tout récemment) montrent que cet équipement est largement utilisé.

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a donc lieu de s’interroger sur le futur parking vélo au RER de Saint-Germain, au-delà de 200 emplacements.

A lire également sur notre blog :

Comptes administratif 2009 de Saint-Germain : les débats du conseil en vidéo

Tous nos articles sur la politique Vélo à Saint-Germain