Le maire de Saint-Germain-en-Laye va armer les policiers municipaux de la ville

police_municipaleLe Préfet des Yvelines a officiellement donné son feu vert à une mesure contestable. Demain, à la suite d’une demande de la mairie, les policiers municipaux saint-germanois seront autorisés à porter une arme de poing.

Une décision en grande partie influencée par les événements de janvier mais qui semble bien éloignée de la réalité du contexte local.
Si la sécurité des citoyens et des agents de police est primordiale, on peut néanmoins se demander si une telle mesure permet réellement d’atteindre cet objectif. Pour rappel c’est la loi Chevènement de 1999 qui vient subordonner l’armement des policiers municipaux à une demande motivée du maire. Une telle précaution s’explique à la fois par les modalités de formation et la spécificité des missions qu’assure la police municipale sur nos territoires. Contrairement à la police nationale dont l’armement est la norme et qui assure des missions de sécurité, de maintien de l’ordre public et de police judiciaire beaucoup plus larges, la police municipale exerce une mission de proximité, caractérisée par un lien direct avec la population et qui se réalise dans une complémentarité avec la police nationale. C’est ce qui permet d’éclairer et de comprendre la loi Chévenement. Loin de généraliser l’armement des policiers municipaux, elle prend en compte une réalité, celle que dans certaines conditions et en raison de la diversité de nos territoires qui peuvent rendre la mission d’un policier municipal totalement différente d’une ville à l’autre, l’option de leur armement puisse être envisagée, toujours sous la réserve d’une motivation et sous le patronage de l’Etat via le Préfet.
Ce qui nous interpelle est que la décision du Préfet des Yvelines semble illustrer le dévoiement qui semble s’opérer sur ces questions depuis les tragiques événements de janvier. L’idée sous-jacente tiendrait à ce que le précédent de la tuerie de Montrouge ferait peser sur l’ensemble de nos policiers municipaux une menace imminente justifiant une généralisation de l’armement. Cette posture vient donc gommer les éléments concrets, locaux, qui devraient justifier une telle mesure au profit d’une hystérisation de la menace terroriste, qui si elle est présente est loin de trouver sa solution dans l’armement généralisé des policiers. Au delà de cette position que nous réfutons sur le fond, l’armement des policiers municipaux doit toujours se justifier au regard d’éléments contextuels et locaux concrets :
– Le premier élément est un taux de criminalité élevé. Or en l’espèce, sans faire preuve d’angélisme, la ville de Saint-Germain - loin des caricatures que tente de nourrir le FN local – reste une ville relativement tranquille, qui connaît comme toute commune épisodiquement des problèmes mais ne se caractérise pas par une criminalité problématique.

– Le deuxième élément serait l’existence d’un danger local reconnu et avéré qui pèserait sur les policiers municipaux et qui viendrait empêcher le bon déroulement de leurs missions. Or là encore aucun antécédent particulier ne peut venir appuyer un tel constat.

– Enfin le troisième élément qu’il convient d’étudier est de rechercher s’il n’existe pas des moyens plus proportionnés. C’est une exigence fondamentale compte tenu du danger que peut faire peser l’utilisation d’armes de poing dans les relations entre policiers et citoyens. A ce titre, il aurait pu être envisagé une augmentation des moyens humains, ou encore l’utilisation d’armes non mortelles. Malheureusement, si la municipalité n’a pas pris la peine d’envisager ces moyens subsidiaires, c’est parce que fondamentalement cette mesure relève d’une logique politicienne venant flatter tel ou tel sentiment d’insécurité, mais qui parait bien éloignée de sincères considérations sécuritaires.

Un examen rapide de ces éléments permet facilement de constater que la proportionnalité entre les problèmes que connaît notre ville et la réponse qui y est apporté par l’armement conclut à un rapport extrêmement déséquilibré, qui nous amène à nous positionner clairement contre cette mesure.
On l’aura compris, notre position n’est pas une opposition de principe contre l’armement des policiers municipaux, mais bien une interrogation profonde sur les raisons qui ont pu pousser à considérer que sur le territoire de notre ville cet armement se révélait nécessaire.

taser26En octobre 2008, le maire de Saint-Germain Emmanuel Lamy avait exprimé son opposition aux pistolets électriques Taser pour la police municipale, avec ces arguments que nous partageons toujours : « La police municipale n’est pas là pour créer un rapport de force avec la population. Le Taser est une arme dangereuse dont l’utilisation n’est pas justifiée à Saint-Germain-en-Laye ». Que s’est-il passé en moins de 7 ans dans notre ville pour que le maire de Saint-Germain change radicalement de position et équipe sa police municipale en Manurhin 357 Magnum ? M. Lamy doit l’expliquer aux Saint-Germanois.

A lire sur notre blog nos précédents articles sur ce sujet :

Le maire de Saint-Germain ne veut pas du Taser pour la police municipale
Polémique sur les flash-balls à Saint-Germain
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La police municipale de Saint-Germain patrouillera jusqu’à 4 heures du matin
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Publié par

PS Saint-Germain-en-Laye

Section du Parti socialiste de Saint-Germain-en-Laye, Fourqueux, Mareil-Marly

Une réflexion au sujet de « Le maire de Saint-Germain-en-Laye va armer les policiers municipaux de la ville »

  1. Est-ce parce qu’un membre de ma famille a perdu un oeil dans un accident de chasse ? Moi, loin de me rassurer, ça m’inquiète que la police municipale soit équipée d’armes létales. L’armement ne doit être qu’une solution ultime, dans un contexte de grande violence. Ce serait un constat que les autres méthodes de maintient de l’ordre ont échoué.
    Mais ici, on ne peut parler d’échec. Les seuls homicides recensés à Saint-Germain ces dernières années ont lieu dans nos rues et routes.
    En plus, armer les policiers municipaux présente des inconvénients bien connus :
    – Il y a des accidents, un policier peut en blesser voire en tuer accidentellement un autre
    – Il y a des situations de désespoir et de tensions conjugales qui ont pris un tour dramatique par la présence d’une arme à feu
    – Il y a bien entendu la possibilité d’une bavure avec la population
    – On constate que l’armement des policiers a tendance à durcir les contacts avec la population
    – Enfin, certains policiers ont été tués, lors d’une échauffourée, avec leur propre arme.
    On pourra toujours plaider, si un accident se produit, que c’est un accident dramatique, un cas isolé, mais la loi des grands nombres est très claire. Chaque arme représente un petit risque. Multiplier les armes sans raison augmente les risques.

    Bref, en l’absence de motif, la majorité municipale a ajouté de manière réfléchie et délibérée un facteur de risque pour l’ensemble des acteurs.
    N’est-ce pas au fond juste le climat politique de montée du FN qui justifie cette décision : on arme les PM pour ratisser des voix bien à droite ?

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